Antitrust : Google « respectueusement » en désaccord avec la Commission

 

C’est dans la culture de la Silicon Valley : le produit ou service doit rendre le monde meilleur. Chez Google, on revendique donc régulièrement cette motivation désintéressée. Et la génération croissante de profits ?

Il n’est jamais question d’argent. Ce n’est pas plus le cas dans le billet publié par le directeur juridique de Google suite à la condamnation de l’entreprise pour abus de position dominante. Pour Kent Walker, Google n’a pas été compris.

Trafic multiplié par 45 pour Google

« Lorsque vous achetez en ligne, vous souhaitez trouver les produits que vous recherchez rapidement et facilement. Et les annonceurs souhaitent promouvoir ces mêmes produits. C’est pourquoi Google montre les publicités de shopping, en connectant nos utilisateurs avec des milliers d’annonceurs, grands et petits, de manière utile pour les deux » assure-t-il.

Cette subtilité aura donc échappé au régulateur. « Nous pensons que la décision de la Commission européenne en matière de commerce sur Internet sous-estime la valeur de ces types de connexions rapides et faciles » suggère Kent Walker.

La Commission constate toutefois que l’entreprise altruiste de Google a permis à son service de comparaison de prix de réaliser « des gains importants de trafic aux dépens de ses concurrents et au détriment des consommateurs européens. »

En chiffres, cela signifie pour Google un trafic multiplié « par 45 au Royaume-Uni, par 35 en Allemagne, par 29 aux Pays-Bas, par 19 en France, par 17 en Espagne et par 14 en Italie. » En voulant gracieusement connecter annonceurs et internautes, Google en a incontestablement tiré un bénéfice personnel.

Google, défenseur des petits face à Amazon et eBay ?

Il a pu pour cela profiter de la rétrogradation subie par les comparateurs de la concurrence, avec une chute de trafic soudaine au Royaume-Uni de 85% et jusqu’à 80% en France. La Commission jugeait par ailleurs que les internautes, dont Google déclare faire tant de cas, « ne voient pas nécessairement les résultats à leurs requêtes les plus pertinents. »

Autre argument de défense avancé par Google : les comparateurs souffrent d’abord de la concurrence d’Amazon et eBay. Le géant de la recherche avait déjà défendu cette thèse en 2015. Mieux, Shopping serait pour les marchands la solution permettant de résister face à ceux deux pointures du e-commerce. Merci qui ?

« Lorsque vous utilisez Google pour rechercher des produits, nous essayons de vous donner ce que vous recherchez. Notre capacité à bien le faire, ce n’est pas nous favoriser nous-mêmes, ou un site ou un vendeur particulier – c’est le résultat d’un travail acharné et d’une innovation constante, en fonction des retours des utilisateurs » plaide Kent Walker.

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