Apple et Amazon démentent avoir été les cibles d’espions chinois, Bloomberg maintient sa version des faits

Apple et Amazon démentent avoir été les cibles d’espions chinois, Bloomberg maintient sa version des faits

Apple et Amazon ont démenti avoir été victimes d’un espionnage industriel orchestré par la Chine. Les deux firmes ont réagi aux révélations du site Bloomberg Businessweek selon lequel des puces de surveillance auraient été implantées dans des équipements pour datacenter au moment de leur fabrication. Ces mouchards auraient servi à collecter de la propriété intellectuelle ainsi que des secrets commerciaux sur Apple et Amazon Web Services (AWS), la filiale d’Amazon qui fournit des services de cloud computing. Les puces ont été découvertes dans des serveurs assemblés par l’entreprise chinoise Super Micro qui aurait fait l’objet d’une enquête secrète du gouvernement américain depuis 2015.

Un contexte tendu 

Apple, AWS, Super Micro et le ministère chinois des Affaires Étrangères contestent ces révélations qui s’appuient sur des sources anonymes au sein du gouvernement et d’entreprises. Bloomberg a publié les démentis de chacun. Mais ce rapport s’inscrit dans un contexte d’inquiétude croissante au sujet des problèmes potentiels de surveillance et de sécurité de l’équipement de fabrication chinoise qui a entravé la tentative du pays de devenir une puissance technologique mondiale.

En aout dernier, le gouvernement australien a interdit aux opérateurs chinois de participer à la construction du réseau 5G du pays. Aux Etats-Unis, le président Donald Trump a proposé un réseau 5G nationalisé qui serait exempt de toute possibilité d’interférence de l’étranger. Mercredi, le géant chinois des télécommunications et fabricant de téléphones ZTE a été reconnu coupable d’avoir violé une probation imposée par les États-Unis.

Dans une déclaration adressée à Bloomberg, Apple suggère que ses journalistes aient pu confondre avec un incident antérieur impliquant un pilote infecté sur un serveur dans un laboratoire de Super Micro. « S’il y avait un événement comme Bloomberg l’a prétendu, nous serions francs à ce sujet et travaillerions en étroite collaboration avec les forces de l’ordre », a déclaré un porte-parole d’Apple à nos confrères de CNET.com.

Amazon a lui aussi déclaré à Bloomberg qu’il n’avait trouvé « aucune preuve » indiquant la présence d’équipement malveillant sur ses sites. « A aucun moment, passé ou présent, nous n’avons trouvé de problèmes liés à du matériel modifié ou des puces malveillantes dans les cartes-mères Super Micro des systèmes Elemental ou Amazon », a ajouté un porte-parole d’AWS dans un communiqué adressé à CNET. Elemental est une société de compression vidéo qu’Amazon a achetée pour étoffer ses services de streaming.

Bloomberg maintient sa version des faits 

L’article de Bloomberg indiquait que « six hauts responsables actuels et anciens de la sécurité nationale » membres des administrations Obama et Trump ont fourni des détails sur la découverte des puces et sur une enquête gouvernementale sur cette affaire. « Nous maintenons notre histoire et sommes confiants dans nos reportages et nos sources », a déclaré un porte-parole de Bloomberg. L’article indique que 17 personnes ont confirmé que le matériel de Super Micro a bien été « manipulé ». Les sources n’ont pas été nommées en raison du caractère sensible et parfois même classifié de certaines informations.

Bloomberg affirme qu’Amazon aurait vendu ses data centers basés en Chine à Beijing Sinnet pour environ 300 millions de dollars à cause de ce piratage. Une version réfutée par l’entreprise selon laquelle cette opération était motivée par un « accord de cession d’actifs » exigé par la nouvelle réglementation chinoise.

Super Micro s’est joint à Amazon et Apple pour démentir les révélations de Bloomberg. La société a déclaré qu’elle n’avait pas été contactée par des agences gouvernementales au sujet d’espions chinois qui auraient compromis ses cartes mères. Elle a ajouté qu’elle n’a jamais trouvé de puces malveillantes.

Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré à Bloomberg que le pays est un défenseur de la cybersécurité.

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