Apple établit un nouveau record de ventes, mais les nuages s'amoncellent sur l'iPhone

L’iPhone reste une affaire qui roule pour Apple, qui a bouclé une année 2015 de tous les records. Malgré tout, cette poule aux œufs d’or devrait être bien moins prolifique en 2016.

Apple a encore vendu des montagnes d’iPhone pendant les fêtes de fin d’année : 74,8 millions exactement, entre septembre et décembre 2015. Derrière ce chiffre impressionnant, Apple a signé la plus faible hausse de ses ventes sur un an depuis le lancement de l’iPhone en 2007, avec +0,4 %. C’est aussi inférieur aux 75,5 millions d’exemplaires attendus par les analystes, qui pensaient que l’iPhone 6s doperait plus les ventes.

L’iPhone contribue à hauteur de 51,6 milliards de dollars au chiffre d’affaires (+1 %), sur un total de 75,9 milliards (+2 %), confirmant la forte dépendance (68 %) de la firme de Cupertino à ses smartphones. Et cela inquiète fortement Wall Street, qui se sépare de plus en plus des actions Apple depuis un an et qui a de nouveau délaissé le titre (-2,8 %) à l’annonce de ces résultats. D’autant que l’avenir s’annonce pessimiste.

Vers un repli historique

Pour la première fois en huit ans et demi, Apple s’attend à un recul des ventes d’iPhone pour le début 2016 (qui correspondra à son deuxième trimestre fiscal), avec 40 à 50 millions d’unités, contre 61,2 millions un an plus tôt. Une baisse « prévisible », a prévenu le PDG d’Apple, Tim Cook, lors de la téléconférence avec les analystes financiers. Les raisons majeures sont à chercher du côté du marché chinois, et de la conjoncture.

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Ventes réalisées par Apple au premier trimestre fiscal 2016 – Crédit : Apple.

En Chine continentale, l’américain a réalisé 18,4 milliards de dollars de recettes, soit 14 % de plus qu’un an auparavant, alors qu’il ne progressait que de 4 % en Europe (17,9 milliards) et reculait de 4 % aux États-Unis (29,3 milliards). Pour autant, les perspectives de croissance en Chine sont déjà derrière. Apple ne connaîtra plus, a priori, l’appel d’air provoqué en 2013 par son accord avec China Mobile et ses 750 millions de clients.

Autre élément défavorable en Chine : « Apple commence à ressentir les retombées d’un changement de la situation économique, surtout à Hong Kong », a expliqué à Reuters le directeur financier, Luca Maestri. Au dernier trimestre 2015, la croissance de la Chine est « tombée » à 6,8 %, son niveau le plus bas en 25 ans.

Cap sur les services

Si Apple ne peut plus compter sur ce pays pour relancer sa croissance, il ne table pas non plus sur ses autres produits. Sur la période étudiée, l’iPad a continué de dégringoler, enregistrant un repli de 21 %, à 16,1 millions d’unités, pour une contribution de 7 milliards de dollars. Quant aux Mac, leur recul de 3 % à 6,7 milliards de dollars est peut-être une surperformance dans un marché du PC en déclin de 10 %, mais cela ne suffit pas.

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Revenus d’Apple généré au premier trimestre fiscal 2016 – Crédit : Apple.

Le seul gisement de croissance pour Apple se trouve en fait dans les services : iTunes, iCloud, l’App Store et ses 6 milliards de dollars gagnés en 2015, et Apple Music et ses plus de 10 millions d’abonnés recrutés en six mois à peine. À fin 2015, les services ont grimpé de 26 %, et dépassé les 6 milliards de dollars en trois mois.

Ces bons chiffres ne suffisent pas encore à rassurer les investisseurs, convaincus qu’Apple va enchaîner des mois difficiles en attendant l’hypothétique iPhone 7 à la rentrée prochaine. Des craintes entretenues par les résultats des fournisseurs de composants. C’est par exemple le cas de Dialog Conductor, dont les revenus dépendent à 75 % d’Apple, et qui a révisé à la baisse ses prévisions de résultats au premier trimestre 2016.

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