Bottin Cartographes pas victime de la prédation de Google

Voilà une décision de justice que Google ne manquera sans doute pas de mettre en avant dans les différentes affaires d’abus de position dominante dans lesquelles il est poursuivi. La firme américaine a en effet été relaxée par la Cour d’appel de Paris face à Bottin Cartographes.

La plainte avait été jugée une première fois en 2012. Les magistrats avaient alors condamné Google à 500.000 euros de dommages et intérêts. « […] outre leur position dominante sur le marché, les sociétés Google ont pratiqué des prix abusivement bas, ont exploité abusivement leur position et qu’elles n’ont pu le faire que parce qu’elles étaient en position dominante » tranchaient-ils.

Gratuité n’est pas prédation ?

En appel, Bottin Cartographes – société qui vendait des services de cartographie – n’a cette fois pas obtenu gain de cause comme le rapportent Les Echos. La Cour d’appel a visiblement tenu compte de l’avis de l’Autorité de la Concurrence estimant que le comportement de Google ne relevait pas de la « prédation ».

En conséquence, la justice française a considéré que l’attitude de Google avec son service Google Maps n’était pas répréhensible. Bottin Cartographes, devenu depuis Evermaps, n’est donc pas victime d’un abus de position dominante comme jugé en première instance.

« La disparition de certaines entreprises n’est pas directement imputable à la stratégie de Google » a jugé la Cour d’appel. Pour Evermaps, c’est la désillusion et aussi la sanction. L’entreprise française est condamnée à verser 20.000 euros à chacune des sociétés Google Inc et Google France pour « frais irrépétibles« .

L’ex Bottin Cartographes fait savoir qu’il pourrait à présent se tourner vers les instances européennes. Mais la société, dans ce contexte concurrentiel, a surtout fait évoluer son métier, expliquent Les Echos, passant d’éditeur à celui d’agence de cartographie.