Brave : le nouveau navigateur Web qui remplace la publicité (par d'autres)

Le navigateur Brave débarque avec, intégrées, différentes technologies de protection contre le suivi publicitaire, dont un système de blocage de la publicité et HTTPS Everywhere. Toutefois, Brave ne bloque pas simplement les publicités affichées sur les sites comme le proposent différentes extensions pour navigateur.

Non, le logiciel remplace ces publicités par d’autres, elles anonymes et présentées comme plus respectueuses des internautes. Brave va donc bloquer différents éléments liés à la publicité. Et « par défaut Brave insérera des publicités seulement dans quelques espaces de taille standard. Nous trouvons ces espaces via un robot Cloud » explique Brendan Eich, ex-président de Mozilla et créateur de JavaScript. De cette façon, les utilisateurs ne souffriraient pas de ralentissement dans l’affichage des pages , ni de la consommation la batterie associée.  

Bonne nouvelle pour les éditeurs, les revenus générés par ces publicités « choisies » seront partagés entre Brave et les supports. On rappellera encore une nouvelle fois que le modèle économique de nombreux sites, notamment d’information comme ZDNet.fr, repose sur la publicité en ligne et la généralisation des bloqueurs assèche ce modèle…

Les publicités bloquées puis remplacées

« Nous ciblerons les publicités en nous basant sur les signaux d’intention côté navigateur exprimés dans un vocabulaire standard, et sans identifiant utilisateur persistant ou cookie hautement re-identifiable » précise encore Eich.

Si ce dernier a travaillé au sein de Mozilla et donc sur Firefox, il a néanmoins choisi pour Brave de s’appuyer sur le code source de Chromium et sur un service Cloud disponible sur GitHub.

Pour l’ancien directeur technique de Mozilla, Andreas Gal, le Web est cassé, avec des fournisseurs de navigateurs peu désireux de s’attaquer au dilemme du blocage des publicités, tout en cherchant des mécanismes alternatifs pour financer le contenu.

« Il est difficile de les blâmer. Comment remettre en cause le statu quo sans scier la (la recette publicitaire) branche sur laquelle vous êtes assis ? » écrit Gal, qui accueille donc avec intérêt le lancement d’un navigateur. Il juge par ailleurs ironique que Brave ne soit pas une action à but non lucratif, mais une entreprise qui compte dégager des profits en réduisant la publicité.

Côté technique, Brave a opté pour le moteur de rendu Blink de Google plutôt que pour Gecko, ce qui devrait lui permettre d’offrir une plus grande résistance aux anti-bloqueurs selon Andreas Gal.

« Brave pour iOS semble être un fork de Firefox pour iOS, mais il parvient à bloquer la publicité (Mozilla dit qu’ils ne peuvent pas le faire) ».  Le navigateur est disponible sur Windows, OS X, Linux, iOS et Android.

Interrogé par Hacker News, Brendan Eich explique travailler sur un système de micropaiements à destination des utilisateurs souhaitant payer pour ne voir aucune publicité. Les autres internautes auront donc droit à de « meilleures » publicités et sans suivi.

« Nous voyons les publicités comme un modèle de financement nécessaire pour une grande partie du Web aujourd’hui. Je serais ravi de voir les micropaiements remplacer la publicité. Voyons ce qui peut être fait. »