Brexit : les britanniques ont-ils vraiment assiégé Google après le vote et ont-ils vraiment signé la pétition ? Non…

C’était une histoire étonnante, et révélatrice pour les partisans du « remain » de l’incurie de ceux qui ont voté pour le Brexit : dans les heures après le vote, de nombreux britanniques avaient été consulter sur leur moteur de recherche favori ce que pouvait réellement signifier ce à quoi ils venaient de renoncer, Google Trends à l’appui.

Requêtes sur Google « What is the EU? ». Ca fait peur. (Source : Google)

« Cela donne à beaucoup de gens la possibilité d’insulter tout ce pays, alors qu’il s’agit probablement de quelques personnes à la recherche de quelque chose de la même manière que d’habitude » explique Danny page, spécialiste de l’analyse de données sportives. Pourquoi ? Parce que les données de Google Trends ne sont pas réellement représentatives du nombre total de recherches, mais une proportion de toutes les recherches à un moment donné. Certes, les requêtes sur cette question ont été importantes cette nuit là au regard du volume de requête sur la même phrase avant et après le scrutin.

Requêtes sur Google « What is the EU? » en comparaison des requêtes sur « Game of Thrones ». Ca fait moins peur. (Source : Google)

Sur AdWords, qui propose les données les plus précises pour des termes de recherche, montre que l’augmentation de 250% de cette requête n’a au final concerné que… moins de 1.000 personnes. Et le mois avant le référendum, la requête « Qu’est-ce que l’UE » a été recherchée en moyenne 261 fois par jour en Grande-Bretagne. Si l’on compare d’ailleurs cette requête avec celle de « Game of Thrones », on comprend que la majorité des britanniques avaient autre chose en tête ce soir là que la fameuse question des conséquences du Brexit.

 

Requêtes sur Google « What is the EU? » en comparaison des requêtes sur « Game of Thrones » et « Euro 2016 ». Ca pas peur du tout. (Source : Google)

Reste que le point d’intérêt majeur des britanniques reste… l’Euro 2016 de football. Quand on compare ce terme avec le questionnement sur l’UE, on perçoit mieux l’insignifiance de ce qui a pu constituer pour certains une information capitale. A commencer par le compte @GoogleTrends dont les post ont pu inciter certains médias à faire des gros titres sur cette affaire (27425 retweet et 13839 ‘like’ sur le post).

« What is the EU? » is the second top UK question on the EU since the #EURefResults were officially announced pic.twitter.com/1q4VAX3qcm

— GoogleTrends (@GoogleTrends) 24 juin 2016

L’affaire de la pétition bidonnée

Le manque de mise en perspective, voire de vérification de l’information, fait encore des ravages sur cette affaire ce lundi.

Une pétition pour un second second vote déposée sur le site du parlement britannique compte 3 726 602 signataires. Nouvelle preuve de la volonté farouche et active de partisans du ‘in’ de recoller le plus rapidement possible avec Bruxelles et Strasbourg ? Quand on sait que 10 000 signatures suffisent à obtenir une réponse officielle des pouvoir publics et qu’il s’agit de la pétition avec le plus de signataires sur le site du gouvernement, la question est posée ? Que nenni ! Noyauté par les utilisateurs du forum 4 Chan, il s’agit en fait d’une vaste fumisterie.

Le site Heat Street, qui lève le lièvre, relève que la plus grande partie des signataires sont des bots crées et gérés par des utilisateurs du forum 4chan. Ce qui prouve au passage l’absence de vérification de qui signe quoi sur le site. De fait de nombreux ‘signataires’ proviennent du Vatican ou encore de la Corée du Nord.

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