Le déclin de Yahoo, pourquoi ? Internet a changé, pas Yahoo

J’ai été un des premiers internautes à faire de Yahoo mon service de messagerie principal en 1998 et à personnaliser une page My Yahoo (vous vous souvenez de ces pages ?) pour disposer rapidement d’information sur la météo, les dernières actualités et les valeurs boursières.

17 années plus tard, Yahoo ne figure même plus sur ma liste de sites à consulter. Y figurent ma boite mail (non-Yahoo), et Facebook, bien sûr, ainsi qu’une poignée de sites d’actualités. L’idée d’un portail qui englobe tout ne me séduit plus.

Je ne suis pas le seul. Yahoo a annoncé mercredi sa décision de se découper, séparant son cœur d’activité et sa participation dans le géant chinois du e-commerce, Alibaba, permettant à ses actionnaires de conserver le contrôle de cette manne financière.  

Le mouvement souligne le profond changement dans la façon dont nous interagissons avec Internet et comment Yahoo n’a pas réussi à s’adapter. L’approche clé de l’entreprise a été de réunir le contenu en ligne dans une zone tremplin. Mais désormais, les internautes sont plus susceptibles d’accéder à leurs emails, les réseaux sociaux ou des applications sur leurs smartphones. Et au long du chemin, Yahoo s’est perdu.

« A un moment donné, AOL et Yahoo ont semblé être Internet » déclare Brett Sappington, directeur de recherche pour Parks Associates.

C’était une autre époque. En 1995, Yahoo était à ses débuts, le Web à ses balbutiements, et les gens consultaient la recommandation du « Cool Site of The Day » pour découvrir des sites comme Froggy et Fluffy’s World. Yahoo s’est développé avec succès quand ses co-fondateurs Jerry Yang et David Filo ont conçu un répertoire en ligne pour aider les internautes à trouver des sites dans des catégories telles que la politique, la science, l’actualité, le divertissement et les affaires.

L’utilisation des réseaux sociaux aux Etats-Unis a progressé au cours des dernières années selon le Pew Research Center. Cela a aidé Facebook à supplanter Yahoo.

Ce qui est resté inchangé, c’est notre besoin d’aide pour réduire l’immense étendue du monde en ligne à quelque chose de productif, divertissant et instructif. Ce qui a changé, ce sont les outils qui font ce travail pour nous, et bien sûr les entreprises qui fournissent ces outils. Indice : ce n’est pas Yahoo.

Sables mouvants

Le premier grand défi pour l’activité du portail a été la recherche, qui plus d’une décennie plus tôt fournissait un moyen rapide aux internautes de trouver exactement ce qu’ils voulaient. Est arrivé ensuite le réseau social qui mélange des interactions plus sophistiquées dans notre existence en ligne. L’arrivée des smartphones est en train de changer notre activité en ligne encore plus avec les applications sur l’écran d’accueil et un flux incessant de notifications.

Cela ne signifie pas que les portails ont disparu. Yahoo reste un site majeur avec 210 millions d’utilisateurs en octobre selon ComScore. Seuls Google et Facebook se placent devant.

Mais il a perdu beaucoup de sa pertinence

« Nous avons observé des changements de comportement » commente Andrew Lipsman, vice-président de ComScore. « Les réseaux sociaux sont devenus grands, et l’élément clé de ces deux dernières années a été le mobile. »

La base des utilisateurs Yahoo a en fait augmenté au cours des 10 dernières années, mais une grande partie de l’action s’est déplacée ailleurs tandis que les internautes gravitaient autour de Google pour trouver des réponses et Facebook pour rester en contact avec leurs amis.

Trop peu, trop tard

Ces tendances n’ont pas échappé à Yahoo. La firme a été un grand de la recherche avant d’être supplantée par Google. Ses sites Flickr et Tumblr comprennent des composants sociaux, même si ceux-ci sont loin de Facebook, le réseau social au milliard d’utilisateurs. Et Yahoo a travaillé à moderniser ses apps mobiles, en particulier durant les trois dernières années, sous la direction de sa PDG Marissa Mayer. Tous ces efforts, hélas, trop mesurés et tardifs.

Alors que Yahoo se concentrait sur son cœur de métier, les nouveaux entrants comme Facebook créaient de nouvelles activités en ligne et les concurrents Google et Amazon pariaient gros sur des expérimentations. « Certaines ont échoué spectaculairement, et d’autres ont été des réussites » commente Brett Sappington. « Parce qu’ils ont beaucoup essayé, certains paris se sont avérés très profitables pour eux. »

Google et Amazaon sont nés avec le boom de l’Internet, mais ont radicalement évolué depuis leurs débuts. Google s’est développé hors de la recherche pour concevoir un système pour smartphone, des services de messagerie et de bureautique, ou encore un navigateur Web massivement utilisé. L’activité d’Amazon s’étend elle au-delà du e-commerce pour englober du streaming vidéo et du Cloud d’infrastructure.

Ironiquement, les smartphones mêmes, qui s’avèrent un sujet de frustration pour Yahoo, dupliquent également une partie de l’expérience tout-en-un qu’offre Yahoo.

« Lorsque je me réveille le matin, je regarde mon téléphone » explique Bobby Cameron, analyste pour Forrester Research. « Il dispose d’un mashup – toute personne qui m’a envoyé un texto, ce qui est dans mon calendrier, le statut de ma boîte email. Toutes ces choses sont là comme une file d’attente de notifications. »

La distribution des rôles parmi les acteurs nous aidant à accéder à l’information que nous recherchons a changé sur le long terme. Yahoo était simplement le dernier outil lorsqu’il est arrivé, 20 ans plus tôt. Et de nouveaux arriveront quand l’Internet des objets diffusera plus encore l’informatique et les réseaux intelligents.

« Les premiers livres ne comprenaient pas de chapitres, de table des matières ou d’index » déclare Lee Rainie, directeur de recherche pour Pew Research Center. « Tous ces éléments ont été ajoutés, car les gens voulaient de meilleures façons de naviguer dans cet environnement d’abondance de l’information. A l’ère du numérique, c’est encore plus vrai. »

Google, Facebook et Amazon ont survécu au changement brutal du rythme d’Internet en partie parce qu’ils contribuent eux-mêmes à conduire ce changement. Yahoo a largement contribué à l’histoire du Net. Mais durant les années récentes, son modèle a manqué de réactivité.

En 1998, j’aurais pu, grâce à Yahoo lui-même, découvrir des informations capitales concernant l’un des pionniers de la technologie. Aujourd’hui, c’était sur Gmail, Twitter et via une alerte sur mon téléphone.

La Chine reconnaît son grand Firewall, mais se défend de toute censure

Ce n’est pas de la censure, c’est de la régulation : le dirigeant chinois Lu Wei, responsable du groupe pour la sécurité d’Internet et de l’information en Chine, s’exprimait hier en amont de la World Internet Conference. Cet événement organisé par le régime chinois veut promouvoir la vision chinoise d’Internet et Lu Wei en a profité pour revenir sur les accusations de censure qui pèsent sur le pays depuis plusieurs années. Selon lui, ces mesures de contrôle sont nécessaires pour le développement d’un internet « ouvert et libre » : « La liberté est notre but, et l’ordre est nécessaire afin de parvenir à atteindre cet objectif » a ainsi déclaré le dirigeant.

L’art de la métaphore

La déclaration sonne comme une première officialisation de la politique chinoise en matière de numérique : « Nous n’accueillerons pas ceux qui tentent de faire de l’argent au détriment de la Chine, ceux qui tentent d’occuper le terrain sur nos marchés tout en diffamant les citoyens chinois. Ce genre de sites web ne sera pas admis dans ma maison » a poursuivi Lu Wei, filant la métaphore de l’internet chinois vu comme un foyer respectable où seul les « amis » seraient autorisés à entrer, selon des propos rapportés par Reuters.

De fait, la Chine est un marché extrêmement attractif pour les acteurs occidentaux, mais ces derniers se heurtent à une concurrence féroce de la part des acteurs locaux et aux difficultés posées par l’administration pesante du pays.

La Chine s’est illustrée au cours des deux dernières années par les mesures protectionnistes qu’elle applique sur le secteur du numérique et notamment à travers la censure de site web. Le grand Firewall, nom donné par ses détracteurs au système de censure en ligne des contenus mis en place par le régime, reste aujourd’hui une réalité, largement critiquée par plusieurs ONG étrangères. Pour Lu Wei, ces mesures s’apparentent à une « régulation » comparable à celle mise en place au sein des régimes occidentaux.

Le haut responsable a poursuivi son discours en évoquant néanmoins les difficultés rencontrées par l’administration dans ses tentatives de contrôle, expliquant notamment que « Contrôler internet, c’est comme essayer de clouer de la gélatine sur un mur » comme le rapporte le Figaro.

Bitcoin : la police s'intéresse au présumé créateur de la cryptomonnaie

Ca n’a pas traîné. Ce mercredi, nous évoquions les révélation de Wired à propos du bicoin et de son mystérieux créateur. En effet, le magazine américain tient un nouveau candidat : un chercheur australien
du nom de Craig Steven Wright.

On apprend désormais que la police australienne  a mené des perquisitions au domicile et au bureau du chercheur, le lendemain de ces révélations. Si les autorités soulignent que ces actions n’ont rien à voir avec les révélations de la presse américaine, il est bien difficile de ne pas établir de lien. Il s’agirait de procédures fiscales. Les perquisitions se sont néanmoins faites en l’absence de l’intéressé.

A son domicile, la personne sur place affirme que Craig Steven Wright est en passe de déménager au Royaume-Uni et informe la police de la présence d’un « gros système informatique » épaulé par un générateur électrique à l’arrière de la maison. La seconde perquisition a donc eu lieu au  siège des deux sociétés de Chris Steven Wright (DeMorgan et Panopticrypt).

Fisc

Rappelons que Wired prend pourtant des gants et n’écarte pas la
possibilité de s’être trompé. Le magazine américain met en avant le fait
que de nombreux indices récoltés proviennent du blog public de Craig S.
Wright et que certains éléments peuvent tout à fait avoir été falsifiés
afin de manipuler les journalistes.

Outre Newsweek,
plusieurs autres médias ont annoncé avoir retrouvé la trace du créateur
du Bitcoin, chacun avec son candidat favori à ce titre, sans qu’aucune
confirmation sérieuse des uns ou des autres ne vienne trancher
définitivement la question.

La
question de l’identité du créateur du bitcoin est également liée à
l’existence d’un fond de 1,1 million de bitcoins appartenant à un
utilisateur inconnu de la cryptomonnaie. Celui-ci est généralement
attribué au mystérieux Satoshi Nakamoto, mais les fonds provenant de
cette manne financière, visible publiquement à travers le système de
blockchain, sont pour l’instant restés immobiles. Pour Wired, ce trésor
oublié baptisé Tulip Fund aurait fait l’objet d’un accord entre David
Kleiman et Craig S.Wright, ce dernier ayant accepté de ne pas toucher à
l’argent avant 2020.

C’est justement ce fonds qui intéresserait le fisc australien.

AWS s’attaque aux certificats SSL/TLS

Amazon débarque sur le marché des certificats. La société avait déjà fait part en 2015 de son intention de pouvoir à son tour émettre des certificats SSL/TLS et avait contacté plusieurs navigateurs afin de négocier la mise en place de certificats root sur les navigateurs distribués par Microsoft ou Mozilla. Elle donne maintenant le coup d’envoi officiel à sa propre autorité, baptisée Amazon Trust Services.

La nouvelle offre a été dévoilée à l’occasion d’une mise à jour du Certificate Manager, l’outil proposé par Amazon Web Services pour la gestion des certificats sur son cloud public. Amazon propose maintenant la possibilité de simplement émettre et récupérer un certificat TLS/SSL DV (Domain validation). L’offre permet de facilement déployer un chiffrement HTTPS sur un site web et permet de chiffrer le trafic entre l’utilisateur et les serveurs du site.

Amazon Web Services monte sur le ring

Pour l’instant, l’offre présente plusieurs limitations : Amazon ne la propose qu’aux US mais promet que celle-ci s’ouvrira à de nouvelles zones géographiques dans les jours à venir. Celle-ci est pour l’instant également réservée aux utilisateurs d’AWS, plus précisément à ceux ayant recours à l’offre Elastic Load Balancer et au CDN Amazon Cloudfront pour leurs sites web. Enfin, Amazon ne propose pas de certificats de type « Extended Validation », qui offrent le plus haut niveau d’authentification.

Le recours à des certificats SSL s’appuie sur des autorités de certification et est l’un des prérequis majeurs à la mise en place du chiffrement HTTPS. Celui-ci peut notamment permettre une amélioration des résultats de recherche dans Google et donne aux utilisateurs la certitude de ne pas être sur un site contrefait par des cybercriminels ayant recours à du phishing.

Le principal obstacle à la généralisation du HTTPS était jusqu’alors les prix pratiques par les autorités de certifications ainsi que la complexité liée au déploiement de ces certificats, mais de nombreuses initiatives tentent de simplifier le processus et de passer sur un modèle gratuit afin de démocratiser cet outil et le chiffrement des communications sur le web.

Let’s Encrypt, une initiative menée par l’Internet Security Research Group et soutenue par des acteurs tels que l’EFF ou Mozilla a notamment contribué à relancer cette tendance au cours de l’année 2015. L’arrivée d’Amazon sur ce secteur de marché devrait accélérer le déploiement de HTTPS et de certificats sur le web, tout en offrant à la pieuvre Amazon un nouveau terrain de jeu pour développer ses activités.

Red Hat : OpenShift Dedicated sur Google Cloud

Google annonce une nouvelle collaboration  » dans les prochains mois  » avec Red Hat sur les containers. OpenShift Dedicated, la plate-forme de gestion des containers de Red Hat, sera intégré à la plateforme de cloud public Google Cloud via Google Cloud Platform (GCP).

Red Hat a lancé OpenShift Dedicated le mois dernier. C’est un outil qui permet de construire, déployer et gérer des applications sur la plateforme OpenShift de Red Hat, motorisée par les containers Kubernetes et Dockers. OpenShift Dedicated peut être utilisé également sur Amazon Web Services (AWS). Le partenariat entre Red Hat et Google permet donc aussi à ce dernier de revenir au niveau d’AWS.

Ce n’est pas la première collaboration entre les deux entreprises. En 2014, Google avait déjà soutenu Red Hat Enterprise Linux (RHEL), une distribution Linux appréciée de nombreux professionnels en la proposant sur Google Cloud. Par ailleurs, Red Hat a été un des premiers partenaires du projet Kubernetes, soit le projet de conteneurisation.

Le marché du cloud computing est en forte croissance. Le cabinet d’analyse IDC affirme que les entreprises ont dépensé 7,6 milliards de dollars dans l’infrastructure cloud au troisième trimestre 2015, soit 23,5% de croissance sur un an.