Chiffres clés : les abonnés au haut et très haut débit en France

L’ADSL au point mort – Depuis plusieurs trimestres, les abonnements au haut débit (essentiellement en ADSL) reculaient. Au 3e trimestre 2015, ils ont en revanche légèrement progressé à 22,655 millions, soit environ 6.000 abonnements supplémentaires. Sur un an, cependant, la baisse est indéniable : -500.000.

« L’évolution est entièrement due à celle du nombre d’abonnements xDSL dont le débit est inférieur à 30 Mbits/s. Il s’élève à 22,2 millions à la fin du troisième trimestre 2015. Le nombre des autres abonnements haut débit (abonnements par le câble, en WiFi, par le satellite ou la boucle locale radio) atteint 475 000 fin septembre 2015, et est stable depuis un an » précise l’Arcep.

Mais si les abonnements haut et très haut débit augmentent en France, cela tient presque exclusivement à la croissance du THD, en particulier en fibre optique FTTH (+57% sur un an).

Montée du THD. Assez vite ? – Au 30 septembre 2015, le régulateur des télécoms recensait 3,9 millions d’abonnements au très haut débit en France. Sur trois mois, cela représente une évolution de +260.000 abonnements, et de 1,4 million sur un an.

Pour la fibre optique de bout en bout (FttH), 1,255 million d’abonnements ont été souscrits par les Français (+115.000 sur un trimestre et +57% en un an). Mais le câble (100 Mbit/s ou plus) progresse également  avec 1,135 million d’abonnements (+125.000 et +33% par rapport au 3e trimestre 2014).

Enfin, le très haut débit dont le débit varie entre 30 et 100 Mbit/s, soit en fibre avec terminaison coaxiale et en VDSL2, se développe lui aussi. Si par rapport au trimestre précédent, la progression est moindre que pour les autres modes d’accès (+20.000), sur un an la hausse atteint près de 77%.

Mais l’adoption du très haut débit suffira-t-elle malgré tout pour atteindre les objectifs du plan THD du gouvernement ? Pas selon un récent rapport d’information du Sénat qui épingle notamment l’absence d’Etat et la trop grande emprise des opérateurs privés privilégiant les zones denses.

Marché du haut débit mature – Entre 2009 et 2012, on observe une progression régulière des abonnements haut débit et très haut débit. Les abonnements haut débit, un marché actuellement mature, passent de 19,4 millions à 22,4 millions d’abonnés, soit une progression de 15,5%. 

Le nombre de foyers abonnés au très haut débit, c’est-à-dire à la fibre essentiellement, reste marginal. Ils représentent seulement 7,1% des abonnements totaux en 2012. Cependant, ils progressent lentement, mais régulièrement, passant de 0,3 million en 2009 à 1,6 million d’abonnements en 2012.

Cette part encore marginale du réseau très haut débit s’explique par les difficultés à mettre en place un réseau de fibre adapté au niveau national. Le coût du déploiement est estimé à 20 milliards d’euros en quinze ans et devrait d’ici 2020 permettre de couvrir 50% du territoire français selon le plan THD du gouvernement. Sur le plan pratique, cette mise en place, qui représente un projet de long terme aux investissements lourds, est loin d’être aisée. 

En juillet 2012, Valence accueillait la journée du CREDO et de l’ARUFOG, deux associations œuvrant pour le développement de la fibre optique en France. Des critiques ont été émises envers les grands opérateurs, accusés de ne pas respecter leurs engagements en matière de déploiement, notamment dans les zones rurales. Selon eux : « Un déploiement conforme aux engagements des opérateurs (zones très denses, zone AMII) nécessiterait 7 fois plus d’investissement qu’actuellement, soit trois millions de prises par an. »