Cinq petits Gaulois du cloud qui résistent à Amazon

Cheops Technology mise sur le cloud hybride
 

  • Créé en 1998 à Bordeaux
  • 450 personnes
  • 103 millions d’euros de CA en 2017 (+ 6 %)
  • 3 datacenters

Société d’infogérance d’applications critiques, Cheops Technology a pris le virage du cloud dès 2010 en commençant par le cloud privé, avant de s’étendre au cloud hybride et récemment au cloud public. Il parie sur la montée de la désillusion des entreprises américaine envers le cloud public pour exporter aux États-Unis son modèle de services managés de cloud privé et hybride. « Les Amazon, Microsoft et autre Google ont vendu le cloud public comme un moyen de réduire les coûts, explique Nicolas Leroy-Fleuriot, son PDG. Outre-Atlantique, les entreprises se sont engouffrées massivement dans la brèche. Elles se rendent compte maintenant qu’elles sont allées trop loin et se retrouvent avec des factures prohibitives. Elles cherchent à revenir en arrière en basculant certaines de leurs applications sur le cloud privé. Nous pouvons les aider à le faire. » Le Bordelais cible tout particulièrement les ETI et les établissements de santé. « Migrer ses applications vers le cloud ne résout qu’une partie du problème d’externalisation du datacenter, estime le PDG. Il faut ensuite en assurer l’exploitation dans de bonnes conditions de performances, de disponibilité et de sécurité. Les grandes entreprises savent le faire. Mais pas les ETI. C’est ce service que nous leur apportons en plus de l’hébergement. » Cheops Technology promet une disponibilité à « cinq neuf » (99,999 %), ce qui signifie un arrêt de seulement dix minutes non planifié par an. Le cloud représente le tiers de son chiffre d’affaires et l’objectif est de monter à la moitié en 2020.

Online parie sur les serveurs ARM 
 

  • Créé en 1999 à Paris
  • 120 personnes
  • 54 millions d’euros de CA en 2017 (+ 7 %)
  • 5 datacenters

Très discrète jusqu’ici, Online, la filiale cloud d’Iliad, passe à l’offensive avec cette année l’ouverture de son cinquième et plus gros datacenter, l’implantation d’un centre à Lille (Nord) et l’embauche de 250 personnes. « Nous sommes aujourd’hui numéro trois en Europe de l’hébergement web derrière OVH et l’allemand Hetzner, et dans le top 10 mondial, revendique son directeur général, Arnaud de Bermingham. La part du cloud reste encore mineure dans notre activité. Mais nous avons l’ambition de la développer pour devenir l’un des leaders mondiaux. » Dès le départ, Online a choisi de se différencier en misant sur les processeurs à technologie ARM au cœur des mobiles pour ses serveurs, alors que les autres acteurs utilisent des serveurs motorisés par des processeurs à architecture X86 issus en général d’Intel. Autre différence technique : pas de virtualisation. Chaque client dispose de moyens matériels dédiés à ses applications. Online se distingue enfin par son modèle intégré en créant tous les équipements de ses datacenters (à l’exception des routeurs) qu’elle fait fabriquer par le sous-traitant Cofidur, à Laval (Mayenne). « Nous tenons à maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis les composants jusqu’aux serveurs, en passant par les logiciels en nous appuyant sur des briques open source, souligne Arnaud de Bermingham. C’est ce qui nous permet d’être très efficients et de proposer des services au prix le plus juste. »

Outscales’appuie sur Dassault Systèmes
 

  • Création en 2010 à Saint-Cloud
  • 135 personnes
  • 30 millions d’euros de CA en 2017 (+ 15 %)
  • 11 datacenters

Après deux ans de repositionnement sur le marché et d’ajustement de son modèle, Outscale relance son plan d’expansion à l’international. « Nous prévoyons d’investir 350 millions d’euros en huit ans pour étendre notre infrastructure à trente-cinq points de présence (PoP) dans le monde en 2025 », confie son PDG-fondateur, Laurent Seror. La filiale cloud de Dassault Systèmes dispose aujourd’hui de dix PoP dans le monde, dont trois en France. Elle prétend incarner le cloud souverain imaginé par BernardCharlès, le patron de Dassault Systèmes, dans le cadre du projet Andromède. Une carte sur laquelle Laurent Seror compte jouer pour se différencier de la concurrence et se développer dans des secteurs sensibles à la sécurité de données comme l’aéronautique, la santé ou la défense. « Nous voulons construire une plate-forme européenne de cloud d’infrastructure », affirme-t-il, avec l’objectif d’offrir une alternative au géant américain Amazon Web Services. Avec son plan d’expansion, il ambitionne d’atteindre 750 personnes et 150 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025. Moteur de cette croissance, l’international passera à 80 % du chiffre d’affaires en 2025, contre 15 % en 2017. Cantonné au départ au cloud public, Outscale s’est étendu au cloud privé et hybride. La PME revendique 1 200 clients, dont beaucoup de grands comptes. Dassault Systèmes, qui détient 85 % de son capital, représente plus de 90 % de son chiffre d’affaires aujourd’hui.

Ikoulajoue la carte de la proximité
 

  • Créé en 1998 à Boulogne-Billancourt
  • 60 personnes
  • 10 millions d’euros de CA en 2017 (+ 25 %)
  • 2 datacenters

Pas de plan mirobolant d’expansion, mais une stratégie ciblée d’investissement. Ikoula entend se développer à son rythme, étendant sa présence à l’international avec douze PoP dans cinq ans, contre cinq aujourd’hui. Sur la même période, son PDG-cofondateur, Jules-Henri Gavetti, prévoit d’accélérer sa croissance pour atteindre 200 personnes et un chiffre d’affaires de 30 à 40 millions d’euros. La société revendique 17 000 clients, dont 80 % des entreprises du CAC 40 en France. Elle dispose de deux filiales aux Pays-Bas et en Espagne, et est présente à travers des partenaires en Allemagne, aux États-Unis et à Singapour. « Pour sortir du lot, nous avons choisi de cultiver notre spécificité, affirme Jules-Henri Gavetti. Le cloud d’infrastructure est quelque chose d’indigeste. Le client a besoin de se faire accompagner. Nous proposons ce service inclus dans l’abonnement. Nous sommes le seul acteur du marché à le faire. » Le patron d’Ikoula n’a pas peur d’Amazon Web Services. Au contraire, il se félicite de voir son grand concurrent américain croître en moyenne de 40 % par an. « Quand Amazon croît, nous nous développons également, estime-t-il. Les entreprises françaises n’ont pas envie de tout mettre chez Amazon. Elles ont besoin de garder certaines applications sensibles à proximité. Quand elles vont chez Amazon, elles viennent souvent chez nous aussi. » L’expansion aux États-Unis reste une priorité avec le projet d’ouvrir deux PoP au Texas et en Californie, en plus de la présence actuelle à Miami.

Vendôme Solutionsmise sur l’ultra sécurité
 

  • Créé en 2012 à Paris
  • 17 personnes
  • 3,3 millions d’euros de CA en 2017 (+ 20 %)
  • 1 datacenter

Créé au départ pour les joailliers de Paris, Vendôme Solutions se présente comme un modèle de cloud français ultrasécurisé. Avec le respect des préconisations les plus draconiennes de l’Anssi – l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information –, il entend répondre aux préoccupations de tous les clients à cheval sur la confidentialité des données. Son datacenter de 100 mètres carrés, près de la place Vendôme, au cœur de Paris, a été conçu et opéré par l’intégrateur informatique Pica Group, qui l’a racheté en juin 2017. « Aujourd’hui, nous disposons d’une quinzaine de clients et notre objectif est d’atteindre plusieurs dizaines, confie Raphaël Villechaise, le gérant-fondateur de la société. Les joailliers n’en sont qu’une minorité. La majorité vient de secteurs comme l’aviation, la location de véhicules, la gestion de ressources humaines ou encore des start-up innovantes. Ce qui réunit tous ces clients, c’est l’attachement à la confidentialité des données. » Le datacenter répond aux exigences avancées du référentiel SecNumCloud de l’Anssi. Vendôme Solution est candidat à ce label de confiance. Au-delà du développement commercial, Pica Group fait de Vendôme Solutions une vitrine de son savoir-faire dans la conception, la gestion et l’exploitation de datacenters ultrasécurisés. Avec l’objectif de vendre ses prestations à tous ceux qui veulent mettre en œuvre des cloud respectant les exigences les plus élevées de sécurité.

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