Cinq raisons de passer au cloud « public »

BlaBlaCar s’appuie principalement sur un cloud privé, mais fait appel au cloud public pour le stockage des données et en cas de pic d’activité.
BlaBlaCar s’appuie principalement sur un cloud privé, mais fait appel au cloud public pour le stockage des données et en cas de pic d’activité.

Cet article est réservé aux abonnés de l’Usine Nouvelle Les entreprises sont de plus en plus tentées de confier leurs données à un prestataire externe. Avec de nombreux gains à la clé.

Agilité, souplesse, économie… Comparées à celles du cloud privé (serveurs dédiés à l’entreprise), les promesses du cloud public (serveurs partagés) sont nombreuses. Les entreprises ne peuvent plus ignorer ce levier essentiel de transformation numérique. D’après une enquête de Comm’Back, elles sont près de 84 % en France à être familières de ce concept de mutualisation de ressources informatiques dans le réseau. Selon les cas, elles ont intérêt à y recourir soit en complément de leur cloud privé, soit en remplacement total des solutions internes traditionnelles. Tour d’horizon des cinq raisons qui les incitent à passer au cloud public.

1 Se déployer rapidement à l’international

Dans certaines activités, le passage à l’international ­nécessite l’extension du système d’information, ne serait-ce que pour être proche des clients. C’est le cas dans ­l’e-commerce. Mais ouvrir des datacenters nécessite de lourds investissements et beaucoup de temps. Le cloud public offre la solution de se déployer rapidement et au moindre coût. C’est ce que Cdiscount a fait. En s’appuyant sur le cloud Azure de Microsoft, le distributeur français en ligne s’est installé dans neuf pays émergents en moins d’un an. Et il compte poursuivre son expansion à un rythme encore plus rapide. « Il nous aurait fallu plus de huit mois pour étendre notre cloud privé de la France vers un seul pays, explique Romain Broussard, le directeur de l’infrastructure de production chez Cdiscount. Et il aurait été impossible de mener de front les neuf déploiements en projet. » Le déploiement a commencé par la Colombie. Il a pris quatre mois. « C’était le pays le plus compliqué, car il fallait adapter au préalable notre plate-forme d’e-commerce au cloud de Microsoft, témoigne Romain Broussard. Nous avons ensuite dupliqué le système dans les autres pays au rythme de deux à trois semaines par pays. Nous sommes aujourd’hui à un temps de déploiement d’une semaine et nous pensons le réduire à un jour. » Pour Cdiscount, le cloud public s’est imposé comme une nécessité, malgré un coût plus élevé dans la durée que la solution traditionnelle s’appuyant sur des datacenters internes. C’est le prix de l’agilité.

2 Grandir vite sans investir

Les start-up à la croissance rapide n’ont ni le temps ni les moyens de posséder leurs propres ressources informatiques. Avec le cloud public, elles accèdent à d’importantes capacités de calcul et de stockage, dimensionnées exactement selon leurs besoins, sans avoir à investir dans des infrastructures en propre. C’est en s’appuyant exclusivement sur le cloud d’Amazon Web Services que des vedettes d’internet comme Netflix, Spotify ou Airbnb ont fondé leur développement exponentiel. Elles peuvent augmenter les moyens loués à Amazon Web Services au fur et à mesure de leur croissance et ne payer que ce qu’elles consomment. En France, BlaBlaCar a choisi une démarche hybride. Du moins pour le moment. Pour l’essentiel des tâches de traitement, la plate-forme française de covoiturage s’appuie sur un cloud privé formé de six datacenters situés à Paris, Londres, Miami et Singapour. Mais, pour le stockage de données et les débordements de traitement lors des pics d’activité, elle fait appel au cloud d’Amazon Web Services. Cette démarche vise à conserver en interne un minimum de compétences informatiques tout en profitant des avantages en coût et souplesse du cloud public. Mais il n’est pas exclu à terme de migrer entièrement vers le cloud public si la croissance rapide de la société l’impose.

3 Changer de modèle financier

Le cloud public offre l’avantage de passer à un modèle financier de coût d’exploitation. Fini les investissements et les pics de dépenses qu’ils créent sur le budget. C’est ce qui a poussé Veolia Eau à migrer progressivement ses 450 applications informatiques dans un datacenter virtuel chez Amazon Web Services. « L’objectif financier est de réduire les coûts d’infrastructure à moins de 4 000 euros par mois », confie Benito Diz, le directeur informatique de la société. En effet, le distributeur d’eau est contraint de maintenir un parc important d’applications informatiques historiques pour la plupart propriétaires. Par exemple, le logiciel de facturation date des années 1970 et tourne sur un gros ordinateur mainframe. Sa migration vers le datacenter virtuel devrait réduire les coûts de mise à disposition par un facteur dix. De quoi laisser Benito Diz espérer un retour sur investissement de moins de deux ans. En plus de ces économies, il s’attend à des gains d’agilité pour réagir plus vite aux incidents sur le réseau.

4 Absorber les pics d’activité

Certaines activités génèrent de grandes variations de trafic sur le système d’information. C’est le cas des sites marchands ou d’information en ligne. Le trafic sur les six sites web et les quinze applications mobiles de NextRadioTV monte jusqu’à 9?millions de visiteurs par jour. Impossible d’y répondre de façon économique par une infrastructure 100 % interne. C’est pourquoi le groupe multimédia a opté pour une solution hybride associant cloud privé, cloud dédié et cloud public, le tout chez le français OVH. Grâce au cloud public, la capacité de traitement peut être multipliée par cinq en moins de quinze minutes pour absorber les pics de trafic. Par rapport à la solution classique, qui aurait consisté à dimensionner l’infrastructure interne à la hauteur des pics, l’économie est estimée entre 40 et 50 %. En reposant sur le cloud public, NextRadioTV améliore en plus la disponibilité de ses sites et s’affranchit des tracas de gestion de l’infrastructure. Le temps ainsi gagné est consacré à l’amélioration des services en ligne.

5 Réduire les coûts d’infrastructure

La question fait débat. Le passage au cloud public ne réduit pas toujours les coûts. Au contraire, en général, il les augmente sur la durée au profit d’autres avantages comme la souplesse, le paiement à l’usage ou l’agilité. Ceci n’a pas empêché Air liquide de le mettre en œuvre avec un objectif d’économie. Le fournisseur français de gaz industriels a mis en place un plan agressif de transition vers le cloud d’Amazon Web Services. Son directeur de la technologie, Fabien Ramos, a dû redoubler d’énergie pour lutter contre le scepticisme ambiant en interne. Les résultats lui donnent raison puisque les coûts d’infrastructure ont été réduits de 30 %. « Nous n’avons presque plus besoin d’investir dans l’infrastructure et cela a permis de réduire le nombre de contractants, et donc les coûts associés », confie-t-il. La capacité des datacenters internes a été réduite par quatre. Il existe donc bien, sur la question du coût du cloud, une exception qui confirme la règle. 

Les fournisseurs les plus utilisés en France

Par les entreprises de plus de 250 personnes : Microsoft 22,5 %, Orange 17,5 %, Amazon Web Services 16,2 %, IBM 6,3 %

Par les entreprises de moins de 250 personnes : Microsoft 9,1 %, Google 7,3 %, Orange 7,3 %, Cloudwatt 5,5 %
 

Source : enquête Comm’Back

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