Cyberguerre tiède : le bureau de Moscou du New York Times visé par une cyberattaque

L’attribution d’une attaque est un art difficile, mais la Russie fait fréquemment partie des coupables désignés en matière de cybercriminalité. Le pays est en effet connu pour avoir été impliqué dans de nombreuses affaires d’espionnage et d’attaques informatiques. Et si la Chine mérite encore la palme du cyberespionnage, la Russie n’est jamais loin derrière.

Selon CNN, le bureau moscovite du New York Times a été visé par une cyberattaque. Le FBI, chargé d’enquêter sur l’affaire, a déclaré qu’aucune fuite de données n’a été constatée pour l’instant, mais CNN, qui s’appuie sur des sources restées anonymes, explique que les enquêteurs penchent pour une attaque émanant des services de renseignement russes.

Comme le rapporte le New York Times dans sa propre couverture de cette actualité, les enquêteurs rapprochent cette attaque de celle ayant récemment visé le système informatique de la convention démocrate, il y a maintenant deux mois. Cette cyberattaque est soupçonnée d’avoir permis à la Russie de mettre la main sur des documents confidentiels internes du parti démocrate, qui ont par la suite été publiés par l’organisation Wikileaks à l’occasion du coup d’envoi de la convention démocrate.

Les autorités se gardent bien d’affirmer haut et fort que l’attaque est d’origine russe, mais le New York Times cite des sources proches du dossier selon lesquelles les attaques proviennent de l’héritier du KGB, le FSB, ainsi que du GRU, un autre organe rattaché au renseignement militaire russe.

À l’Est, rien de nouveau

Les récents mois ont été particulièrement agités sur le front des attaques informatiques entre la Russie et les États Unis. Difficile de ne pas penser également à l’interprétation donnée par Edward Snowden suite à la mise en vente des malwares de la NSA par le mystérieux groupe Shadow Brokers. Le lanceur d’alerte américain, actuellement réfugié en Russie, expliquait que le coup pouvait simplement être un avertissement de la part de la Russie visant à faire comprendre aux États-Unis qu’ils étaient également capables de révéler au grand public les actions du pays sur le terrain informatique, si ceux-ci continuaient à publiquement commenter ce type d’affaires.

Comme souvent, les deux pays avancent à pas mesurés et se refusent à tout commentaire officiel, mais de nombreuses informations laissent entendre que les deux camps sont bien actifs sur ce nouveau terrain. Le FSB faisait ainsi état d’une importante cyberattaque en début d’année 2016 ayant visé « plusieurs organismes gouvernementaux » en Russie. Cette annonce intervenait en parallèle de l’affaire du piratage de la convention démocrate.

Outre ces conflits larvés, la Russie ne cache pas sa volonté de s’émanciper peu à peu des technologies fournies par les USA et compte sur une politique quasi protectionniste pour développer ses propres alternatives. Et en matière de cyberattaques, la guerre économique n’est pas chose nouvelle entre les États-Unis et la Russie : déjà en 2014, plusieurs banques et institutions américaines avaient été victimes de cyberattaques sophistiquées et déjà, la piste russe était évoquée. Il faudra sûrement attendre de longues années avant d’espérer avoir le fin mot de ces affaires, mais difficile de ne pas voir la passe d’armes qui se joue entre les deux géants.

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