Dragonfly : Google pourrait traiter plus de 99% des requêtes en Chine

 

Le PDG Sundar Pichai a déclaré lundi que Google expérimentait un moteur de recherche censuré destiné à la Chine. Le dirigeant a toutefois souligné que rien ne garantissait aujourd’hui que ce projet verrait effectivement le jour.

S’exprimant lors de la conférence Wired25 au SFJazz Center de San Francisco, Pichai a expliqué que Google avait lancé le projet en interne – surnommé Project Dragonfly – afin de déterminer ce qu’il était possible de faire en Chine.

Google fournirait de meilleures informations en Chine

Le pays applique une législation stricte qui impose des restrictions aux produits technologiques, et notamment aux résultats des moteurs de recherche. De nombreuses firmes américaines ont donc renoncé à y proposer leurs services. C’est le cas de Google, pour le moment.

Le géant des moteurs de recherche pourrait donc revenir sur cette décision. Plusieurs rapports avaient fait mention ces derniers mois de Dragonfly, un projet de développement d’un moteur de recherche censuré pour la Chine.

Huit ans auparavant, Google avait fermé ses activités en Chine. Le cofondateur de Google, Sergey Brin, qui a grandi en Union soviétique, justifiait cette décision au nom du « totalitarisme » de la politique chinoise. Ce possible revirement n’est pas sans susciter l’émoi parmi les salariés de la firme californienne.

Près de 1.000 employés avaient signé une lettre ouverte demandant à l’entreprise de faire preuve de transparence concernant le projet et de créer un processus d’examen éthique incluant des employés, et pas seulement des cadres supérieurs.

Jusqu’à la prise de parole de Sundar Pichai, Google avait maintenu la confidentialité sur ce projet de moteur. Le mois dernier, Keith Enright, responsable de la protection de la vie privée chez Google, avait confirmé lors d’une audition au Sénat l’existence de Dragonfly, mais sans faire de plus amples commentaires.

La technique est prête, mais quid des conditions réelles

Les remarques de lundi constituent la première reconnaissance publique par Pichai que Google travaille effectivement sur un tel projet. Pichai assure que Google s’efforce en permanence de trouver un « équilibre » entre « ses valeurs consistant à fournir aux utilisateurs un accès à l’information, à la liberté d’expression, à la confidentialité » et le respect des règles de droit de chaque Etat.

Et la Chine représente indéniablement « un défi particulier » reconnait le patron de Google. « C’est la raison pour laquelle nous avons réalisé le projet en interne (…) Nous voulions savoir à quoi ressemblerait Google si Google était en Chine. »

Suite à ces expérimentations en interne, le PDG affirme que Google « pourrait traiter plus de 99% des requêtes. » Il ajoute : « Il existe de très nombreux domaines dans lesquels nous serions en mesure de fournir de meilleures informations que celles disponibles. »

Techniquement, Dragonfly semble donc pouvoir fonctionner en Chine. Mais la dimension technique n’a sans doute jamais été le véritable frein au retour de Google sur ce marché. Le PDG précise donc qu’aucune décision définitive n’a encore été arrêtée.

Google veut mettre en balance ces premiers résultats « avec les conditions » d’un fonctionnement réel en Chine. Le dirigeant estime à ce titre qu’il est encore trop tôt pour se prononcer. « Nous ne savons pas si nous pourrions ou non le faire en Chine, mais nous avons estimé qu’il était important pour nous d’explorer … compte tenu de l’importance du marché et du nombre d’utilisateurs qu’il compte. »

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