Emmanuel Macron annonce une collaboration avec Facebook sur les « contenus haineux »

Coopération entre les Etats et les entreprises. Face au déferlement de contenus haineux et illégaux sur le web, le président français a annoncé ce 12 novembre, à l’occasion de la réunion à l’Unesco du Forum de gouvernance de l’internet (FGI) à Paris, une inhabituelle coopération. Tout à son idée de travail en collaboration public-privé avec les géants du Web, il annonce une expérimentation avec Facebook au premier trimestre 2019. « Facebook va accueillir des régulateurs français pour travailler sur la lutte contre les contenus haineux ou offensants » assure le président français.

Et il souhaite aller plus loin. Le président français veut mettre les plateformes face à leurs responsabilités, avec un nouveau statut. Elles « ne peuvent être exonérées de leurs responsabilités » dit-il. Et de s’interroger sur un futur juridique statut « d’accélérateur de contenu », qui permettrait de ne plus les considérer comme simple hébergeur, mais pas tout à fait comme des responsables de publication.

Surtout que les solutions de contrôle automatisé des contenus proposées par Facebook et autre Twitter n’ont pour l’heure que rarement fait leurs preuves. « L’IA est mure pour reconnaitre une image pédopornographique ou une vidéo terroriste, mais pas l’ironie » dit le président français.

Renforcer le droit d’auteur

Sujet connexe : la capacité des États à préserver le potentiel d’ouverture et d’innovation de ceux qui font le web. Tout en régulant pour préserver le droit d’auteur. « Il faut agir pour préserver la diversité » dit Emmanuel Macron. « On a aimé l’ouverture, mais on a plaidé pour l’indifférenciation » regrette le président français. « Le combat en Europe, c’est le marché unique du numérique, de lever les frontières entre les États » dit Emmanuel Macron, qui souhaite à terme une régulation commune pour reconnaitre les droits d’auteurs au niveau international.

Et de pointer l’inégalité de fait entre les créateurs de contenus, les plateformes et les opérateurs de télécommunication. « Aujourd’hui le droit d’auteur c’est pour celui qui diffuse le contenu. Il faut se battre pour les créateurs. Ce que fait un journaliste a un prix. Celui qui créé doit bénéficier d’une valeur, et cette règle n’est pas respectée ».

« Se battre pour les auteurs et le copyright n’est pas ringard » conclu t-il, avant de faire une proposition de création d’un observatoire des plateformes au niveau européen sur le sujet.

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