En 2016, les dépenses IT en France vont reculer de 1%

Alors que les dépenses IT ne devraient que très légèrement croître (+0,6%) dans le monde en 2016, les entreprises françaises, quant à elle, n’entendent pas dénouer les cordons de leur bourse. Cette année, les dépenses IT dans l’Hexagone reculeront de 1%, prévoit le cabinet d’étude Gartner dans son dernier comptage. En 2016, les dépenses IT en France devraient représenter quelque 90,2 milliards d’euros.

Transformation numérique ou pas, nouvelles technologies ou pas, l’heure est globalement à la retenue, voire à la rationalisation des dépenses. Les entreprises mettront clairement des priorités dans leurs investissements en 2016. Presque mécaniquement, la hausse du dollar a bouleversé le  marché en 2015, explique le cabinet, à tel point que le niveau de dépenses IT de 2014 ne sera égalé avant…2019. Quoiqu’il en soit, dans le monde, cet effet dollar semble s’estomper, résume encore Gartner.

En France, c’est plus compliqué que ça, car la hausse du dollar reste palpable, ciblant davantage les intentions d’achats.  Ainsi, les dépenses des entreprises, en hausse de 0,4% en 2016, dans la catégorie Devices (comme les terminaux mobiles ou les PC) ne parviennent pas à compenser celles, en déclin, du grand public, résume en substance John Lovelock, en charge des prévisions chez Gartner, dans un email envoyé à la rédaction.  Au total, les dépenses dans cette catégorie devraient reculer de 7,8% en 2016, à 13,5 milliards d’euros.

Baisse également prévue des dépenses dans les services de communications, un secteur où se concentrent généralement les dépenses des entreprises. En 2016, elles devraient donc reculer de 2,3% à 35,37 milliards d’euros.

Hausse de 4,7% des dépenses dans le logiciel, dopé par le CRM

En revanche, toujours selon les prévisions de Gartner, le marketing numérique, ainsi que sa capacité à rester centré sur le client et son comportement, alimenteront une grande partie des dépenses dans le logiciel (+4,7%). Dans les 9,15 milliards d’euros que dépenseront les entreprises en 2016, une grande partie sera investie dans le CRM et les outils de marketing et de commerce numérique qui continuent de devenir une priorité, croit savoir Gartner. « Le CRM est le segment qui connait la croissance la plus rapide en euros, à +12,7% en 2016 », assure John Lovelock.

Cette numérisation ainsi que l’approche dite IT bimodale (qui implique de gérer deux modes de delivery IT, comme l’indique lui-même le cabinet) encouragera également les entreprises françaises à investir dans les outils de gestion de projets et de portefeuille applicatifs (+9,2%), les outils de collaboration et de partage, comme le Web Conferencing et les suites collaborative et sociales (+9% de croissance en 2016). Dans cette même logique, les outils d’intégration et de qualité des données y seront aussi associés (+8,2% en 2016).

De ces nouvelles approches nait la complexité ; et de la complexité le besoin de services IT, indique logiquement Gartner. En 2016, les dépenses en services IT augmenteront de 2,3% en France pour représenter 27,84 milliards d’euros.  L’intégration de services Cloud en est justement un exemple, alors que nombre d’entreprises semblent considérer le Cloud pour héberger leurs workloads. Les SSII, à l’image de T-Systems se sont positionnés d’ailleurs sur ce créneau.

L’agilité ainsi que le mouvement DevOps en est un autre, qui nécessite le recours à des nouvelles technologies, mais surtout à des nouveaux modes de gouvernance et organisationnelle. Et autant d’accompagnement nécessaire.

Enfin, note Gartner,  les dépenses dans les systèmes pour datacenter ne vont progresser en France que de 0,5% à 4,32 milliards d’euros. Toutefois, John Lovelock perçoit « une  mutation des préférences » : au lieu d’acheter des équipements de stockage (chute de 11,9%), les entreprises se mettent à consommer des ressources de stockage dans le Cloud (+9,6% en 2016). Même constat au niveau des serveurs : les dépenses  en  services de compute dans le Cloud devraient progresser de 37,2%, alors que les ventes de serveurs vont stagner  à +0,6%.