Enjeux et perspectives du travail dans l'ère du numérique

Henri Isaac, président du think tank Renaissance Numérique remet en perspective le travail à l'ère digital. (crédit : D.R.)

Henri Isaac, président du think tank Renaissance Numérique remet en perspective le travail à l’ère digital. (crédit : D.R.)

Le think tank Renaissance Numérique a publié une note afin de réfléchir à la mutation du travail et ses conséquences dans un contexte où le numérique envahit toutes les strates de la société. Un point de départ d’une réflexion vers une remise en cause profonde du modèle de l’organisation actuelle du travail.

Après le livre d’Alain Roumilhac, président de Manpower France et de Gérald Karsenti, PDG de HPE France, « Terres nouvelles, droit devant », le thème du digital et des RH donne lieu à une nouvelle publication. Une note, rédigée par un think tank, Renaissance Numérique, sous le titre très explicite « la question du travail à l’ère digitale » et sous la plume d’Henri Isaac, son président, par ailleurs vice-président de l’Université Paris-Dauphine et co-directeur de son master Management des télécoms et des médias.

Henri Isaac part de loin. Le mode d’organisation actuel, où dominent l’entreprise et le salariat n’est qu’un moment dans l’histoire. La mise n réseau, la prépondérance des données, la globalisation vont imposer d’autres normes et séparer la notion d’emploi de celle de travail. Travailler ne sera plus synonyme de salariat, du moins d’une forme dominante de relation au travail, qu’est le salariat.

Un autre facteur va tout bouleverser, le fait que le client soit au centre de tout. Il réclame une différenciation des produits et des services, donc dans l’entreprise des collaborateurs aux compétences variées et non plus standardisées. « La valeur créée par un collaborateur dépend davantage de son capital social et cognitif que de sa capacité à appliquer des procédures standardisées », note Henri Isaac. L’intelligence collective et les plateformes (entre clients et prestataire) amènent une autre façon de coordonner le travail. Les interactions imposent la primauté des communautés d’utilisateurs, le néo-salariat, l’économie collaborative.

Une remise en cause profonde

C’est donc une remise en cause profonde de la légitimité des entreprises, de l’Etat et de l’Etat-Providence qui se produit. Henri Isaac, après son diagnostic, avance plusieurs thèmes de travail. La question du revenu du travail digital et des droits associés vient en tête. Celle évidemment de la protection sociale s’impose, qu’elle soit à l’échelle française ou européenne. Est-il possible de penser la régulation sous une forme collaborative et non plus collectivité ? Comment refonder la protection sociale ?  Les plateformes collaboratives sont-elles à même de créer une protection sociale nouvelle, en rapport avec la pluriactivité ? A défaut, le digital passera pour un nouveau phénomène de dégradation sociale voire d’exclusion.

La Note se déploie sur d’autres thèmes connexes, mais très importants. La formation encore plus centrale avec une économie cognitive. Prendra-t-elle une forme nouvelle par rapport aux nombreux mécanismes de formation du salariat ? L’automatisation qui a modifié toutes les formes de travail manuel va toucher les services. Comment préparer et accompagner cette mutation ? L’espace de travail s’est déjà beaucoup modifié et va être encore plus bouleversé de même que le management.  Comment anticiper les mutations à venir, celle des algorithmes qui vont à leur tour modifier la régulation du travail ?

Henri Isaac fait quelques détours par l’actualité, celle de la loi travail, du phénomène Uber, des Moocs du Compte personnel de formation, pour bien montrer qu’à chaque fois, les nouvelles formes de travail et l’impact du digital sont présents mais peut-être pas correctement pris en compte.

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