Facebook et Twitter la queue basse au Sénat américain

Le rôle des réseaux sociaux dans les élections américaines continue d’être scruté par le Sénat américain. Après Mark Zuckerberg en avril dernier, Jack Dorsey, le PDG de Twitter, et Sheryl Sandberg, numéro deux de Facebook, étaient auditionnés le 5 septembre dernier par une commission à propos des ingérences étrangères constatées sur ces réseaux sociaux.

 

Bilan : mea culpa général. « Nous ne sommes pas fiers » a dit Jack Dorsey selon RFI. « Nous n’étions pas préparés et pas équipés face à l’immensité des problèmes que nous avons découverts ».

« Nous espérons que vous pouvez nous aider à mieux comprendre comment Twitter décide quand suspendre un utilisateur ou les bannir du service, et ce que vous faites pour vous assurer que de telles décisions sont prises sans parti pris indu » déclarait Greg Walden, républicain de l’Oregon et président de la Commission, à l’ouverture des travaux.

Twitter n’a pas su lutter contre « les abus, le harcèlement, les armées de trolls et la propagande des bots »

Twitter n’a pas su lutter contre « les abus, le harcèlement, les armées de trolls et la propagande des bots », a reconnu Jack Dorsey (lire La propagande russe sur Twitter plus répandue que prévu). « Nous avons été trop lents à agir » a dit aussi Sheryl Sandberg (lire Cambridge Analytica, Russie, Fake news : le RSSI de Facebook digère mal).

Rappel des faits : des milliers de faux comptes menant campagne hostile contre Hillary Clinton avaient subitement éclos sur ces plate-formes. De quoi interroger sur le rôle de la Russie dans ce dossier. Le procureur spécial Robert Mueller enquête lui aussi sur cette affaire. La Russie de son côté dément catégoriquement cette accusation.

Et les accusations de partialité se poursuivent. Le propos introductif de Greg Walden éclaire de fait un débat qui se poursuit. Le président américain Donald Trump reproche à Twitter et Facebook d’éjecter les médias conservateurs du réseau social. Médias qui lui seraient favorables. « Nous ne prenons pas en compte les points de vue politiques ou l’affiliation à un parti dans l’application de nos politiques et de nos procédures » a assuré Jack Dorsey « L’impartialité est notre principe directeur. »

Un véritable sujet d’actualité

Le ministre de la Justice, Jeff Sessions, a fait savoir juste après l’audition réfléchir à des poursuites sur ce point. La sacro-sainte liberté d’expression est brandie par les autorités pour avancer sur ce dossier.

Alex Jones, animateur de plusieurs sites récemment bloqués sur Facebook, YouTube et Twitter (pour une semaine), est venu assister à la séance de la Commission et en a profité pour faire part de son mécontentement.

Cette audition permet aussi de prendre la température en vue des élections de mi-mandat prévues pour novembre prochain. Facebook et Twitter souhaitent rassurer sur ce point. Des milliers de comptes étrangers diffusant de fausses nouvelles auraient été débranchés de ces plate-formes.

Plus compliqué encore pour les entreprises mises en cause, un sondage du Pew Research Center indique que 26 % des utilisateurs américains de Facebook ont supprimé de leur smartphone l’application du réseau social depuis un an. Ils sont 44 % chez les 18-29 ans.

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