Google : Non, sincèrement, nous ne faisons pas de politique

Les débats s’annoncent tendus aux Etats-Unis pour l’élection présidentielle. Celle-ci devrait opposer Hillary Clinton à Donald Trump. Et comme souvent dans le pays, on entretient un certain goût pour la théorie du complot.

A moins que ce ne soit les algorithmes, dont la mécanique est opaque pour les utilisateurs, qui avivent les inquiétudes ? Toujours est-il que Google et Facebook ont tous deux été mis en cause et soupçonnés de rouler pour la candidate démocrate, et par leurs services, d’avoir essayé d’influencer les internautes.

La politique de Google : pas de politique

En ce qui concerne Google, c’est sa fonction de suggestion automatique de recherche qui est au cœur des soupçons. La firme a réfuté toute manipulation et tenté d’expliquer le fonctionnement de son système. « L’autcomplétion n’est pas une science exacte » a reconnu le moteur.

Mais le débat reste vif malgré tout et pour Google, il s’agit de garantir la neutralité de ses technologies. Le président d’Alphabet, maison-mère de Google, a donc de nouveau pris la parole sur ces questions de politique intérieure mercredi 15 juin lors du Startup Grind de Londres.

« Nous n’avons pas pris position sur l’élection américaine, et je ne m’attends pas à ce que nous le fassions » déclare Eric Schmidt. L’issue est incertaine et sans doute est-il plus prudent à ce stade de ne pas insulter l’avenir ?

Google s’est efforcé, il est vrai, de ne pas prendre parti pour un camp, et pas seulement à l’occasion des présidentielles qui s’annoncent. Eric Schmidt a cependant pu être décrit comme un acteur de la campagne de Barack Obama.

Lors de la précédente élection, les employés de la firme constituaient le second donateur du comité national du parti démocrate. Les salariés, mais pas Google lui-même. « Nous avons toujours eu comme politique que l’entreprise n’a pas de politique dans ces domaines » commente Eric Schmidt.

Publiquement, Google est apolitique, comme ses services aux utilisateurs. Quant à ses salariés et dirigeants, ils sont libres de leurs opinions. Eric Schmidt ajoute toutefois que la firme peut prendre position sur des questions de société, en particulier sur la défense des droits des homosexuels.

Les politiques fiscales, une des rares exceptions

« Je peux dire avec certitude que nous allons prendre position sur l’égalité, la diversité, l’égalité de traitement des personnes, l’équité, les droits des homosexuels » affirme le dirigeant du géant du Web. « Sur les autres sujets, la société ne prendra probablement pas position » ajoute-t-il.

Eric Schmidt oublie cependant un sujet de politique, bien abordé par la firme : la fiscalité. « Nous faisons face à des législations fiscales complexes, et nous aimerions un système plus simple. Nous travaillons à cela » déclarait Sundar Pichai en février lors d’un passage en France. Rappelons que la firme a fait récemment l’objet d’une vaste perquisition dans le cadre d’une enquête baptisée opération tulipe.  

En 2012,  Eric Schmidt adoptait une ligne plus directe encore, revendiquant le capitalisme de Google. Pour le dirigeant de Google, non seulement l’entreprise agit dans un cadre légal, mais en plus, elle se conforme, par sa pratique de l’optimisation fiscale, aux règles du capitalisme.

Et le capitalisme, Eric Schmidt y adhère sans réserve. « Nous sommes fiers d’être capitalistes. Je n’ai aucune interrogation à ce sujet ».

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