Google veut toujours s’installer en Chine, mais avec l’affaire Huawei ce n’est pas gagné

Google veut toujours s'installer en Chine, mais avec l'affaire Huawei ce n'est pas gagné

En 2010, la firme américaine s’est retirée du marché de la recherche en Chine après que le cofondateur Sergey Brin ait cité les politiques « totalitaires » du gouvernement, dont la censure du web. Depuis lors, Google a tenté de revenir sur la pointe des pieds dans l’immense et attrayant marché. Dragonfly, un moteur de recherche spécialement conçu pour la Chine, et un laboratoire d’IA à Pékin ont été particulièrement controversés.

Maintenant, Google doit faire face à un autre problème. Le 15 mai, l’administration Trump a bouleversé le monde de la technologie en interdisant à Huawei de faire affaire avec des entreprises américaines. De nombreux géants de la technologie – Qualcomm, Broadcom et Intel – ont réagi, mettant fin à leurs relations avec le deuxième fabricant mondial de smartphones.

Google a également réagi rapidement, affirmant qu’il cesserait de fournir à Huawei une assistance technique et que les prochains smartphones de la firme chinois n’auraient plus accès au Play Store ou à ses applications. Le mouvement a été temporairement inversé mardi après que les États-Unis ont déclaré qu’ils accorderaient une licence de 90 jours aux entreprises de téléphonie mobile américaines pour qu’elles puissent trouver des solutions à long terme.

Cette interdiction souligne la position inhabituelle de Google  

Contrairement à d’autres sociétés, comme Apple, Google n’est pas en place sur le marché Chinois. Perdre sa relation avec Huawei ne fera que rendre plus difficile la situation pour éventuellement rentrer sur ce marché lucratif de 1,4 milliard d’habitants. Le géant de la recherche n’est pas la seule société dans cette situation, Facebook et Twitter sont également concernés. 

Pourtant, peu d’entreprises de technologie sont aussi manifestement désireuses de s’établir sur ce marché. Dragonfly, le moteur de recherche censuré, aurait mis sur liste noire des termes de recherche désapprouvés par le gouvernement chinois, tels que « protestation étudiante » et « prix Nobel ». Il se peut aussi qu’il ait lié les recherches aux numéros de téléphone des utilisateurs.

Les défenseurs des droits de l’homme ont protesté lorsque la nouvelle de Dragonfly a été diffusée l’année dernière. Google a qualifié le travail « d’exploratoire » et a déclaré qu’il n’avait « pas l’intention » de lancer un service de recherche en Chine. Lorsque Sundar Pichai, PDG de Google, a été traîné devant le Congrès en décembre dernier, Dragonfly était un sujet clé.

Article CNET.com adapté par CNETFrance