HP termine une année fiscale 2015 difficile sur un CA en recul de 9,5 %

Alors qu’HP s’est officiellement scindé en deux entités, HPE (pour Hewlett-Packard Entreprise) et HP Inc, la firme vient de publier son dernier compte de résultat trimestriel en tant qu’entité unique. Et le moins que l’on puisse dire et qu’après des débuts délicats l’année fiscale de la firme s’est terminée de façon compliquée, tant pour les activités entreprises (réunies au sein d’HPE), que pour les activités PC et impression (HP Inc).

Le 4e trimestre fiscal d’HP, clos le 31 octobre, a été marqué par un recul de 9,5 % du chiffre d’affaires, à 25,7 Md$ et par une division par trois du résultat net (plombé il est vrai par 1,1 Md$ de charges de restructuration et de séparation). Les activités entreprises, aujourd’hui réunies au sein d’HPE, ont vu leur CA reculer de 3,7 % au cours du trimestre, tandis que celles réunies au sein d’HP Inc ont plongé de 14 % par rapport à la même période de 2014.

HP Inc dans le rouge

Au dernier trimestre fiscal, les revenus issus des ventes de PC portables et de PC fixes ont reculé de près de 1,3 Md $ sur un an pour s’établir à 7,7 Md$. Pourtant, selon Gartner, HP est l’un des constructeurs qui a le mieux résisté face à la crise du marché du PC : la firme n’aurait vu ses ventes en unités reculer que de 4 %, alors que les ventes mondiales reculaient de 7,7 % au 3e trimestre calendaire 2015.

La situation est plus préoccupante pour la division impression avec un effondrement des ventes d’imprimantes grand public (-34 %), un recul de 17 % des ventes d’imprimantes professionnelles et une chute de 10 % des ventes de consommables.

HPE : Les ventes de matériels tirées par les serveurs et les équipements réseaux

Côté HPE, le seul rayon de soleil vient des activités serveurs, stockage et réseau, qui ont vu leurs ventes gagner 2 % sur un an. En particulier, les ventes de serveurs x86 ont progressé de 5 % et passé la barre des 3,5 Md$, tandis que les ventes d’équipements réseaux bondissaient de 35 % sur un an.

Les ventes de systèmes de stockage et de sauvegarde ont continué à végéter avec un recul de 7 % sur un an, tandis que les systèmes critiques (BCS) poursuivaient leur longue descente aux enfers avec un recul de 8 %. Petite consolation pour la division BCS, ce recul est le moins mauvais de l’année, après une chute de 21 % au 3e trimestre et un recul de 15 % au 2e trimestre. Après cinq années de recul ininterrompu, les serveurs Unix ont peut-être enfin touché le fond et BCS peut espérer un redémarrage de ses ventes grâce à ses grands systèmes x86 de la gamme Superdome X.

Les services et le logiciel en grande difficulté

Si les activités matérielles d’HPE sont en petite croissance, la situation reste très compliquée pour le logiciel et les services. Les revenus des services d’intégration et d’outsourcing d’infrastructure ont ainsi enregistré un recul de 20 % au cours du trimestre tandis que les services applicatifs reculaient de 8 %. Rappelons que du fait de ces contre-performances, HPE prévoit de supprimer 30 000 postes supplémentaires d’ici à 2018, pour la plupart dans les services.

Clairement, HP n’a jamais vraiment digéré l’acquisition d’EDS. Lors du rachat de la société en 2008, les activités services combinées d’HP et EDS réalisaient un CA de 38 milliards (dont un peu plus de 21 Md$ pour EDS) et employaient 210 000 salariés. Sur l’ensemble de l’année fiscale 2015, le CA services d’HP (HP Services + Technology Services) n’a pas franchi la barre des 27,5 Md$. Toutes les activités d’HPE n’emploient plus que 252 000 salariés (un chiffre qui devrait passer à environ 220 000 après les licenciements prévus).

Autre division mal en point, le logiciel. HP Software, après un recul de son CA de 5 %, 7 % et 8 % aux cours des premier, deuxième et troisième trimestres fiscaux, termine l’année fiscale 2015 sur un recul de 7 % Selon HP, les revenus de licences ont reculé de 6 %, les revenus issus du support et de la maintenance de 9 % et les services professionnels de 3 %. Même les services SaaS font du sur place avec un léger recul de 2 %. Dire que l’acquisition d’Autonomy n’a pas eu les effets escomptés est sans doute loin du compte, mais il ne faut pas non plus sous-estimer l’érosion des produits historiques d’administration de la firme, pas forcément compensée par le lancement des outils Cloud comme Helion.

Des résultats dégradés par les fluctuations massives des monnaies

Les résultats sde ce dernier trimestre sont toutefois à prendre avec des pincettes du fait des fluctuations de change massives qui ont affecté l’année 2015 et rendent délicate les comparaisons avec l’année 2014. Dans un communiqué séparé de celui d’HP (désormais HP Inc.), HP explique d’ailleurs que sans les fluctuations de change, ses activités auraient progressé au dernier trimestre. La firme estime que cette croissance devrait encore s’accélérer en 2016.