Huawei : la justice américain dégaine 23 chefs d’accusation contre l’entreprise et sa directrice financière

Huawei : la justice américain dégaine 23 chefs d’accusation contre l’entreprise et sa directrice financière

Le département américain de la Justice a rendu publics les chefs d’accusation à l’encontre de Huawei et sa directrice financière Meng Wanzhou. Dix chefs d’accusation allèguent que le géant chinois a volé des secrets commerciaux à T-Mobile à partir de 2012. Huawei aurait également offert des primes aux employés qui ont dérobé des informations confidentielles à d’autres entreprises, notamment T-Mobile. Un second acte d’accusation de 13 chefs a été porté contre quatre accusés, dont Huawei et Meng Wanzhou, pour fraude financière. Les filiales Huawei USA et Skycom sont également mentionnées dans la procédure.

« Au détriment de l’ingéniosité américaine, Huawei a continuellement ignoré les lois des États-Unis dans l’espoir d’obtenir un avantage économique injuste. Comme le prouve le volume de ces accusations, le FBI ne tolérera pas les entreprises corrompues qui violent les lois qui permettent aux entreprises américaines et aux États-Unis de prospérer », a déclaré Christopher Wray, directeur du FBI.

La pression internationale monte contre Huawei

Les accusations portées contre Huawei, le plus grand fournisseur mondial d’équipement de télécommunications et le deuxième vendeur de smartphone derrière Samsung, surviennent dans un contexte de surveillance accrue. Les États-Unis ont déjà interdit à l’entreprise de vendre du matériel télécoms sur son territoire et un certain nombre d’autres pays ont déjà cessé de travailler avec l’entreprise ou envisagent de l’interdire, notamment laFrance . Le gouvernement chinois et Huawei ont déclaré que ces mesures pourraient avoir des répercussions puisque l’entreprise contribue aux standards technologiques de l’industrie comme la 5G.

Selon la première série d’accusations, Huawei a commencé à voler des informations sur un robot d’essai téléphonique de T-Mobile appelé Tappy. Les ingénieurs de Huawei auraient violé des accords de confidentialité et de non-divulgation en prenant des photos et des mesures de Tappy et en volant des pièces. Lorsque T-Mobile l’a découvert et a menacé de poursuivre en justice, Huawei a prétendu que le vol avait été commis par des personnes malhonnêtes au sein de l’entreprise. T-Mobile a quand même intenté une action en justice et, en 2017, s’est vu accorder 4,8 millions de dommages. Malgré l’insistance de Huawei sur le fait qu’il s’agissait d’une affaire ponctuelle, le ministère de la Justice affirme que les courriels obtenus au cours de l’enquête ont révélé que le vol de secrets à T-Mobile était un effort mené à l’échelle de toute l’entreprise.

Dans la deuxième série d’accusations, Meng Wanzhou a été inculpée de fraude bancaire, de fraude électronique et de complot en vue de commettre une fraude bancaire et électronique. Huawei et Huawei USA sont accusés de complot pour entrave à la justice. Huawei et Skycom sont accusés de fraude bancaire et de complot en vue de commettre une fraude bancaire, de fraude électronique et de complot en vue de commettre une fraude électronique, de violation de l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA), de complot en vue de violer la l’IEEPA et de complot en vue de commettre un blanchiment de capitaux.

Meng Wanzhou pourrait être extradée aux États-Unis

Les accusations sont liées aux efforts présumés déployés par l’entreprise pour échapper aux sanctions américaines et commercer avec l’Iran. Le mois dernier, Meng Wanzhou a été détenue au Canada à la demande des États-Unis au sujet de ces allégations. La publication de l’inculpation ouvre un délai de 30 jours durant lesquels le Canada devra examiner la demande d’extradition de la dirigeante de Huawei formulée par les États-Unis. Si elle est acceptée, la Cour suprême de la Colombie-Britannique aura alors la tâche de statuer sur cette décision.

Meng Wanzhou se trouve être la fille du fondateur et président de Huawei, Zhengfei Ren. L’arrestation n’a pas seulement des répercussions dans l’industrie, elle menace d’enflammer une relation déjà précaire entre les États-Unis et la Chine au sujet des négociations commerciales. Huawei a toujours nié tout acte répréhensible de la part de sa directrice financière.

Au cours des derniers mois, l’industriel chinois a fait face à une vague de sentiment négatif. Aux États-Unis, au Japon, en Nouvelle-Zélande, en Australie mais aussi en Europe, au Royaume-Uni et en Allemagne, les gouvernements ont ou vont décréter des boycotts sur les équipements télécoms Huawei pour déploiement des futurs réseaux 5G.

Les choses bougent également en France où le gouvernement réfléchit à un amendement à la loi Pacte. Selon Les Echos, il s’agirait d’étendre le pouvoir d’agrément de l’Anssi (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) sur l’installation de réseaux télécoms non seulement à venir mais aussi existants.

à lire aussi