IA : Les liens entre grandes entreprises et start-ups encore trop restreints

Selon un rapport commandée par Sidetrade les entreprises du SBF 120 ont encore trop peu de relations avec les start-ups et les instituts de recherche dans le domaine de l’intelligence artificielle. Un retard qui pourrait s’avérer préjudiciable à long terme, alors que la France assure vouloir jouer les premiers rôles dans ce secteur.

L’étude commandée Sidetrade révèle des données inquiétantes sur la collaboration entre grandes entreprises, start-ups et instituts de recherche dans le domaine de l’IA. (crédit : Sidetrade / Les Echos)

En mars 2018, Emmanuel Macron annonçait la mise en place d’une stratégie construite autour de l’intelligence artificielle et de son développement en France. Associé à un investissement d’1,5 Md€, ce plan était le symbole des ambitions du pays en matière d’IA. Pourtant, un an plus tard, la situation des entreprises dans ce domaine est alarmante. C’est en tout cas ce que révèle une étude commandée par Sidetrade. Selon elle, seuls 37 % des entreprises du SBF 120 entretiendraient des liens de collaborations avec les start-ups et instituts de recherche du secteur dans l’Hexagone. Un constat qui détonne avec les promesses du président de la République.

Le rapport porte sur 333 start-ups et 23 instituts de recherche spécialisés en IA. Sidetrade s’est servi de sa propre plateforme qu’il a nourri de données issues de bases publiques (INSEE, BPI, France IA…) croisées avec de la data non structurée collectée sur les sites web des principaux acteurs de l’IA. Les algorithmes ont ainsi pris en compte les liens existants en matière de projets R&D, de levées de fonds, de brevets ou de dirigeants communs… Les instituts spécialisés semblent être les plus lésés :77 % du SBF 120 n’a aucune relation avec eux. Cette observation inquiète, car elle met en lumière le manque de connexion des chercheurs français avec la réalité des entreprises, et inversement. Sidetrade note également que 53 % des liens établis avec les acteurs de l’IA sont le fait du seul CAC 40. 85 % des entreprises en dehors de ce dernier n’ont d’ailleurs aucune relation avec les acteurs recensés pour l’étude.

« Notre écosystème est coupé en trois »

Si l’on observe les secteurs d’activité, on constate que sont les sociétés évoluant dans la banque et les assurances qui interagissent le plus avec les acteurs de l’IA. Suivent l’énergie, les couples high-tech/télécoms et transports/tourisme, et la santé. En queue de peloton, on retrouve le secteur du luxe et, de manière bien plus surprenante, la défense, l’aéronautique et la distribution. Selon Sidetrade, les cinq groupes français aux liens les plus établis sont BNP Paribas, Société Générale, Sanofi, Eurazeo et ADP.

Sidetrade IA

La défense et la distribution ont étonnamment peu de liens avec les acteurs de l’IA en France. (Crédit : Sidetrade / Les Echos)

« Sur le sujet de l’IA, nous vivons en France une situation préoccupante dont il devient urgent de s’extraire », analyse Olivier Novasque, PDG de Sidetrade. « Jamais la France et plus largement le vieux continent n’ont semblé autant décrochés, et, par conséquent, menacés par les avancées vertigineuses en intelligence artificielle venues des Etats-Unis ou de Chine. Celles-ci sont susceptibles de remettre en question, en quelques mois, les modèles économiques des plus beaux fleurons de notre économie. […] Le constat [de l’étude] est édifiant : notre écosystème composé des grandes entreprises, start-up et instituts de recherche en IA reste majoritairement coupé en trois. Le niveau de collaboration entre ces trois univers est étonnement faible et largement en dessous du minimum requis pour espérer tirer profit de nos atouts. »

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