Il y a 10 ans un livre blanc jetait les bases du bitcoin

Il y a sept ans, Marshall Hayner, 34 ans, a donné à son grand-père une petite pièce d’une valeur d’environ 30 $. Sur le portefeuille en papier qu’il avait façonné pour commémorer le cadeau, l’entrepreneur et développeur de logiciels américain avait écrit : « N’ouvrez pas avant 100.000 $ » mentionne Reuters. Son grand-père n’a jamais ouvert le portefeuille. Parce que le bitcoin a l’intérieur n’a jamais 100.000 dollars. Il vaut cependant 200 fois que ce qu’il valait en 2011, année du cadeau.

Ce bitcoin a été forgé il y a 10 ans, et trouve son origine dans les entrailles d’un livre blanc. Rédigé par le mystérieux Satoshi Nakamoto, ce document fondateur a conduit non seulement à la création de cette désormais célèbre monnaie, mais aussi à la création de dizaines de crypto-monnaies basées sur la technologie de la blockchain.

Certes, le cours des crypto-monnaies a depuis connu des hauts, et même des très hauts, et des bas. Mais le principe du blockchain s’infiltre désormais dans divers secteurs économiques. Le principe de grand livre distribué, utilisé par le bitcoin pour enregistrer des millions de transactions chiffrées entre particuliers sans avoir recours aux banques, est désormais utilisé dans la logistique, la finance ou encore la santé.

Monnaie refuge, mais pas monnaie courante

Un bitcoin vaut maintenant environ 6.200 $. Une valeur conséquence d’une chute brutale de 70 % par rapport à son sommet historique de près de 20.000 $ atteint en décembre 2017. Les différentes contraintes règlementaires mises en place, l’augmentation de la criminalité liée aux monnaies virtuelles, les piratages, et la spéculation, ont plombé la valeur de cette monnaie en 2018.

Mais les investisseurs précoces dans le bitcoin conservent un gain potentiel non négligeable. Surtout ceux qui dès le départ se sont mis à « miner » de la monnaie virtuelle pour créer les bitcoins sur la base de la mise en concurrence de serveurs informatiques. Pour ceux qui se sont mis à la mode du bitcoin sur le tard, l’effort est plus important. Car la technologie bitcoin a été conçue de manière à réduire de moitié tous les quatre ans la récompense des mineurs. De quoi en principe permettre de limiter l’inflation.

Si le bitcoin est utilisé comme monnaie refuge (surtout en Chine), ou encore comme un outil de spéculation, elle reste cependant une liquidité peu efficace pour traiter les paiements. Le processus de paiement peut être assez lent, et les frais de transaction peuvent être plus élevés que pour les transactions classiques.

« Le bitcoin est bien trop dur à utiliser »

« Nous nous attendions tous à ce que les gens achètent des cafés avec et qu’ils l’utilisent à la place de PayPal » explique a Reuters Jez San, PDG de la chaîne de magasins Funfair Technologies. « Le bitcoin est bien trop dur à utiliser – il est si peu convivial que l’homme de la rue ne peut pas l’utiliser » se désole t-il aujourd’hui.

Enfin, il faut noter que le bitcoin est une monnaie qui ne repose pas sur des espèces, mais utilise de l’électricité. Et cela pourrait s’avérer catastrophique. La monnaie basée sur du logiciel consomme tellement d’électricité qu’elle pourrait faire augmenter la température de 2 degrés Celsius d’ici l’an 2048 si sa popularité grandissait. Les scientifiques ont publié leurs recherches dans un article paru lundi dernier dans Nature.

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