Internet par satellite : SpaceX lance les premiers engins de sa constellation Starlink

Internet par satellite : SpaceX lance les premiers engins de sa constellation Starlink

Le moins que l’on puisse dire, c’est que SpaceX ne fait pas les choses à moitié, mais alors vraiment pas. Hier, jeudi 22 février 2018, soit deux semaines après l’impressionnant baptême de l’air de son imposante fusée Falcon Heavy, la société aérospatiale du célèbre milliardaire Elon Musk devait effectuer un nouveau lancement avec non pas un, ni deux, mais trois objectifs en tête.

Il s’agissait tout d’abord de mettre en orbite un satellite militaire espagnol, baptisé « Paz ». Mais ce lancement était aussi l’occasion pour SpaceX de tenter de récupérer la coiffe de sa fusée Falcon 9 à l’aide d’un bateau équipé d’un énorme filet. Vu le prix d’une coiffe (environ 6 millions de dollars), ça se comprend. Mais ce n’est pas tout, car la fusée transportait également deux autres satellites, Microsat-2a et Microsat-2b, aussi surnommés Tintin A et B. Ils sont les premiers d’une gigantesque flotte de 11 943 engins que la société souhaite placer en orbite basse autour de la Terre pour connecter la planète entière à Internet (oui oui).

Des ambitions gargantuesques

Résultat des courses : deux objectifs remplis sur trois. En effet, SpaceX n’est pas parvenu à récupérer la coiffe du lanceur, mais l’entreprise a pu mettre les trois satellites en orbite sans problème. Après tout, elle n’en est plus à son premier lancement.

First two Starlink demo satellites, called Tintin A & B, deployed and communicating to Earth stations pic.twitter.com/TfI53wHEtz

— Elon Musk (@elonmusk) 22 février 2018

Avec cette constellation de quasiment 12 000 satellites, SpaceX entend offrir à ses futurs abonnés, au nombre de 40 millions d’ici 2025 (si ses projections très ambitieuses sont justes), une connexion « semblable à la Fibre » avec une latence contenue de 35 ms. Les deux premiers satellites envoyés dans l’espace ce jeudi donnent donc le coup d’envoi de ce projet, désormais baptisé Starlink. Ces appareils serviront avant tout à mener des tests, notamment dans le but d’obtenir les autorisations nécessaires pour mener à terme les grands desseins de l’entreprise.

Notez qu’aussi enthousiasmant que soit ce projet, il y a tout de même quelques freins. Outre les difficultés techniques que les ingénieurs de SpaceX devront résoudre, un problème de pollution spatiale pourrait se poser, sans compter les risques de collision avec d’autres satellites ou débris. Il y a déjà près de 1500 satellites en orbite autour de la Terre. Si l’on ajoute la flotte de SpaceX, cela risque de faire beaucoup. Wait and see.

Crédit image : SpaceX