IPv4 : la pénurie favorise l’émergence du marché noir

Il n’y a pas qu’en Europe que la pénurie de blocs IPv4 pousse les acteurs et opérateurs dans leurs retranchements. Le RIPE NCC avait déjà tiré la sonnette d’alarme en début d’année sur les comportements peu respectueux de certains acteurs qui manœuvraient pour s’accaparer les derniers blocs d’adresses IPv4 disponibles, mais l’Arin, l’organisation chargée de superviser l’attribution des blocs en Amérique du nord, semble confronté aux mêmes problèmes.

En 2013 l’Arin avait déjà mis en place un système de file d’attente pour canaliser la demande, alors que les blocs d’adresses s’épuisent. Mais les mesures prises en 2015 ne suffisent visiblement pas à décourager les tricheurs, comme l’expliquait Leslie Nobile lors d’une conférence organisée par NANOG, l’organisation des opérateurs et fournisseurs d’accès nord américains.

Celle-ci a profité de sa conférence pour expliquer ainsi que certains cybercriminels tentent ainsi de se faire passer pour les propriétaires légitimes de certains blocs IPv4 afin de mieux pouvoir les revendre. Ils s’appuient pour cela sur les registres et les informations disponibles et visent en premier lieu les possesseurs de blocs ne disposant pas de point de contact valide avec l’Arin. La tendance n’est pas nouvelle et a déjà été constatée depuis une dizaine d’années, mais devient croissante depuis l’annonce de la pénurie d’adresse IPv4 de l’Arin en septembre 2015.

Au total, l’Arin a ainsi détecté une cinquantaine d’incidents de ce type depuis 2005, mais plus de la moitié de ces incidents ont été signalés depuis l’annonce de 2015. La tendance est donc à la hausse, d’autant que l’Arin se trouve également confronté à des problématiques similaires à celles rencontrées par le RIPE NCC en Europe. Les acteurs et opérateurs usent et abusent du système afin de s’accaparer les derniers blocs disponibles, n’hésitant pas à créer de faux comptes pour faire une demande, avant de fusionner ces comptes à d’autres sociétés et ainsi s’accaparer plus facilement les blocs réservés théoriquement aux nouveaux entrants sur le marché.

Nul n’échappe à la pénurie d’IPv4 et force est de constater que les problématiques outre-Atlantique semblent globalement similaires à celles qui se développent en Europe.

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