La Chine reconnaît son grand Firewall, mais se défend de toute censure

Ce n’est pas de la censure, c’est de la régulation : le dirigeant chinois Lu Wei, responsable du groupe pour la sécurité d’Internet et de l’information en Chine, s’exprimait hier en amont de la World Internet Conference. Cet événement organisé par le régime chinois veut promouvoir la vision chinoise d’Internet et Lu Wei en a profité pour revenir sur les accusations de censure qui pèsent sur le pays depuis plusieurs années. Selon lui, ces mesures de contrôle sont nécessaires pour le développement d’un internet « ouvert et libre » : « La liberté est notre but, et l’ordre est nécessaire afin de parvenir à atteindre cet objectif » a ainsi déclaré le dirigeant.

L’art de la métaphore

La déclaration sonne comme une première officialisation de la politique chinoise en matière de numérique : « Nous n’accueillerons pas ceux qui tentent de faire de l’argent au détriment de la Chine, ceux qui tentent d’occuper le terrain sur nos marchés tout en diffamant les citoyens chinois. Ce genre de sites web ne sera pas admis dans ma maison » a poursuivi Lu Wei, filant la métaphore de l’internet chinois vu comme un foyer respectable où seul les « amis » seraient autorisés à entrer, selon des propos rapportés par Reuters.

De fait, la Chine est un marché extrêmement attractif pour les acteurs occidentaux, mais ces derniers se heurtent à une concurrence féroce de la part des acteurs locaux et aux difficultés posées par l’administration pesante du pays.

La Chine s’est illustrée au cours des deux dernières années par les mesures protectionnistes qu’elle applique sur le secteur du numérique et notamment à travers la censure de site web. Le grand Firewall, nom donné par ses détracteurs au système de censure en ligne des contenus mis en place par le régime, reste aujourd’hui une réalité, largement critiquée par plusieurs ONG étrangères. Pour Lu Wei, ces mesures s’apparentent à une « régulation » comparable à celle mise en place au sein des régimes occidentaux.

Le haut responsable a poursuivi son discours en évoquant néanmoins les difficultés rencontrées par l’administration dans ses tentatives de contrôle, expliquant notamment que « Contrôler internet, c’est comme essayer de clouer de la gélatine sur un mur » comme le rapporte le Figaro.