Les analystes réagissent au rachat de Tableau par Salesforce

Selon les analystes interrogés suite l’annonce du rachat de Tableau par Salesforce, ces deux acteurs ont des capacités complémentaires et des capacités qui se chevauchent.

Si Salesforce est familier des acquisitions, celle de tableau constitue un record. (Crédit : Magdalena Petrova/IDG-Owned)

Selon Liz Herbert, vice-présidente et analyste principale chez Forrester, l’acquisition du spécialiste de l’analyse de données Tableau pour 15,7 milliards de dollars, la plus importante de l’histoire de Salesforce, « n’est pas une grande surprise ». Comme ses deux collègues de Forrester, Liz Herbert pense que, « alors que les rumeurs d’acquisitions massives se sont multipliées, ce rachat de Tableau par Salesforce n’est pas une surprise, d’autant que Salesforce avait clairement exprimé son désir de constituer un portefeuille de solutions plus intégré et axé sur l’approfondissement des données ». De plus, « de nombreux clients de Salesforce utilisent déjà Tableau du fait de sa simplicité et de sa forte attractivité en terme d’opportunités d’affaires, deux caractéristiques que Tableau partage avec Salesforce. 

« Qu’est-ce que cela signifie pour les clients ? À long terme, Salesforce dispose d’un gros potentiel pour offrir plus de visualisation de données cross-cloud et satisfait ainsi sa stratégie Customer360. À plus court terme cependant, le statu quo devrait se maintenir, car les clients de Tableau n’ont que partiellement migré dans le cloud et que cela introduit une autre plateforme dans l’offre ».

Une réaction au rachat de Qualtrics par SAP ? 

Pour Allen Bonde, vice-président de la recherche chez Forrester, le rachat tourne surtout autour de l’expérience client et répond d’une certaine manière à l’achat de Qualtrics par SAP. « Même s’il domine ses concurrents dans de nombreux domaines, Salesforce est plus faible dans l’analyse client et à cet égard, le rachat sera utile. « Tableau dispose d’une grande expérience dans le domaine des applications front-end et ses applications en libre-service sont très appréciées des utilisateurs, ce dont SalesForceDotCom pourra également tirer parti quand la plateforme voudra élargir son marché. Cela dit, de nombreux clients de Tableau sont toujours sur site et devront donc rationaliser leur stratégie cloud pour profiter de ce qu’apporte la fusion des deux entreprises ».

Selon Boris Evelson, vice-président et analyste principal de Forrester, le marché de la Business Intelligence (BI) est très mature et la plupart des fonctionnalités et des capacités sont de plus en plus banalisées. « L’obsolescence des fonctionnalités et les pressions sur les prix (dans les grandes entreprises, Microsoft facture moins de 4,00 dollars HT par utilisateur/mois), il est de plus en plus difficile pour les fournisseurs indépendants de BI de maintenir leur rentabilité. Selon lui, les capacités de Tableau et de Salesforce sont à la fois complémentaires, et se chevauchent : par exemple, Salesforce fonctionne uniquement dans le cloud Salesforce, et Tableau fonctionne sur la plupart des cloud publics (AWS, Azure) et également sur site.  « Salesforce s’intéresse principalement à l’analyse de la relation client (ventes, marketing, service client), et Tableau s’intéresse à tous les cas d’usage de la BI (front et back office) ».

Des services similaires chez Salesforce 

Cependant, SF Einstein Discovery (l’un des produits de la famille Einstein Analytics, qui repose en grande partie sur une récente acquisition de BeyondCore) chevauche de manière significative Tableau. Il s’agit également d’une plate-forme de BI à usage général qui peut se connecter à n’importe quelle source de données et elle peut servir à construire n’importe quelle application BI. « Les visualisations, OLAP, NLP et bien d’autres fonctionnalités de ces deux produits se chevauchent. Il sera donc intéressant de voir comment Salesforce les réconcilie et les intègre ou les maintient séparés. À long terme, il ne serait pas logique de continuer à supporter et à améliorer deux sets de code pour ces capacités. Donc, d’après moi, l’intégration est inévitable ». D’où le risque : en tant qu’entreprise indépendante, Tableau avait le luxe de ne se concentrer que sur la BI et l’analyse. « Désormais, Tableau est confronté au défi d’intégrer le code d’une tierce partie, d’attirer ses développeurs dans d’autres projets Salesforce, etc. Le succès de la fusion dépend de la capacité de Tableau de se concentrer exclusivement sur son produit de base ».

Adam Selipsky, CEO et fondateur de Tableau, a déclaré que l’entreprise se réjouissait de la signature de l’accord d’acquisition définitif de Tableau par Salesforce dans « l’un des rachats les plus marquant de l’industrie du logiciel ». « En 16 ans à peine, nous sommes passés de l’état de start-up gérée depuis une chambre à coucher, à l’état d’entreprise privée valant un milliard de dollars. Nous avons pu servir des millions de personnes dans plus de 86 000 entreprises à travers le monde. Nous avons été les premiers à mettre en place et à fournir des capacités d’analyse toujours plus importantes pour tous ces clients », a déclaré M. Selipsky, dans un communiqué diffusé en même temps que l’annonce du rachat.

Go to Source


bouton-devis