Les Chinois défient toujours plus les géants américains du cloud d’infrastructure

Le cloud d’infrastructure, un quasi monopole américain ? Peut-être plus pour longtemps. Les géants chinois du numérique montent sur ce marché stratégique considéré comme l’un des points d’achoppement majeur de la guerre commerciale sans merci que se livrent les Etats-Unis et la Chine.

3 chinois dans le Top 10 mondial

Certes, les géants américains du numérique dominent toujours avec six acteurs dans le Top 10 mondial des fournisseurs. Sur un

marché estimé à 21 milliards de dollars au troisième trimestre 2018 par le cabinet Canaly, les quatre leaders américains – Amazon Web Services, Microsoft Azure, Google Cloud et IBM – trustent presque 61% du gâteau.

Mais les acteurs chinois montent irrésistiblement. Trois figurent déjà dans le Top 10 mondial : Alibaba Cloud, Tencent et China Telecom, qui forment les trois plus grands fournisseurs en Chine. « Huawei Cloud est également en pleine expansion internationale même il n’en est qu’à ses débuts, confie à L’Usine Nouvelle Matthew Ball, analyste chez Canalys. Il a le meilleur potentiel de rejoindre le Top 10 mondial une fois qu’il aura gagné la course à l’échelle. »

Si Amazon Web Services symbolise la domination américaine, c’est Alibaba Cloud qui s’impose comme le chef de file de l’offensive chinoise avec l’ambition de se hisser à terme à la première place mondiale. Pour l’heure, le bras armé du géant chinois de l’e-commerce dans le cloud d’infrastructure est loin, très loin de son grand concurrent américain. Mais en seulement trois ans d’expansion à l’international, il a réussi à détrôner IBM de la quatrième place mondiale avec 4% du marché au troisième trimestre 2018, derrière Amazon Web Services (32%), Microsoft Azure (17%) et Google Cloud (8%).

Expansion de l’infrastructure de datacenters

L’ascension d’Alibaba Cloud est symptomatique de la montée inexorable des acteurs chinois. « Sa part de marché est passée de 1,4% au troisième trimestre 2015 à 2,2% au troisième trimestre 2016, puis à 3,1% au troisième trimestre 2017 et à un peu plus de 4% au troisième trimestre 2018, explicite Matthew Ball. Tencent et China Telecom représentent collectivement 2% au troisième trimestre 2018. » D’autres prétendants chinois à l’appétit d’ogre font leur entrée sur le marché comme UniCloud, le bras armé de Tsinghua Unigroup dans le cloud public d’infrastructure.

Chaque camp domine son marché local : les acteurs américains aux Etats-Unis et les Chinois en Chine. Une situation qui devrait, selon Canalys, se perpétuer. La bataille se joue donc dans les autres régions du monde comme l’Europe, l’Asie-Pacifique, le Moyen-Orient ou encore l’Afrique. Elle est visible par l’expansion des infrastructures de datacenters de Microsoft Azure, Google Cloud, Amazon Web Services, Alibaba Cloud ou encore récemment Huawei Cloud.

Washington reproche à Pékin de contraindre les acteurs américains à céder le contrôle de leurs infrastructures en Chine à des partenaires locaux comme Amazon Web Services a dû le faire en novembre 2017 à son partenaire Beijing Sinnet. Avec leur guerre commerciale, les Etats-Unis veulent non seulement contraindre la Chine à ouvrir son marché mais aussi défendre la suprématie de ses géants du numérique.

Course technologique

La bataille du cloud d’infrastructure s’inscrit dans une large course technologique entre les Etats-Unis et la Chine qui inclue notamment les semi-conducteurs, la 5G et le calcul intensif. Les enjeux stratégiques derrière sont considérables. « Le gagnant a toutes les chances de disposer des meilleures technologies dans l’intelligence artificielle, la cybersécurité et le militaire« , estime Canalys.

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