Les entreprises à la vitesse du cloud

Dans l’entreprise numérique, aller vite est essentiel pour disposer d’un avantage compétitif. Ceci nécessite un changement culturel des départements IT. Le datacenter de l’entreprise doit pouvoir travailler à la vitesse du cloud. 

Par Fabrice Lamine, Directeur Hybrid IT, Hewlett Packard Enterprise France

Selon une étude récente de Oxford Economics, la concurrence accrue et l’accélération du rythme du changement sont les principales préoccupations qui impactent les entreprises[1]. Parallèlement, le raccourcissement des cycles de développement des produits et le désir de mettre en exécution rapidement de nouvelles idées sont placés dans le peloton de tête des priorités des 300 responsables business et IT interrogés. 

Selon un résultat plutôt surprenant de l’enquête, le frein à la vitesse d’action le plus souvent cité était « une infrastructure rigide et peu flexible », arrivant devant des réponses comme la règlementation, la sécurité des données, ou bien le manque de personnel qualifié. 

L’agilité à la mode du cloud

Aujourd’hui, avec les développements en mode agile et les infrastructures flexibles, il est possible de réagir rapidement aux demandes changeantes. La plupart des entreprises doivent exploiter un environnement IT existant mature, maintenir à jour des centaines ou des milliers d’applications, gérer des dépendances applicatives et des processus d’approbation complexes. Par opposition, des entreprises cloud comme AWS, Facebook ou bien Google utilisent relativement peu d’applications maison conçues spécialement pour satisfaire leurs besoins. Par conséquent, le besoin d’agilité contribue à la forte croissance du marché des services de cloud public. Selon le Gartner, le marché des infrastructures de cloud public va croître de plus de 38 pourcents cette année, pour passer de 16,2 à 22,4 milliards d’US$ [2].

Pour autant, une infrastructure interne reste indispensable, pour des raisons de sécurité des données, de contraintes réglementaires, de politiques internes à l’entreprise, ou bien encore parce que l’organisation IT ne souhaite pas se rationaliser et relever ainsi le défi posé par les géants du cloud. Mais comment peut-elle atteindre une vitesse et une agilité similaire avec son infrastructure maison ?

Des cubes de glace à la place des Lego 

Comme l’a montré l’étude d’Oxford Economics, les infrastructures IT internes aux entreprises ne sont souvent pas conçues pour l’ère du DevOps et du provisionnement continu de nouveaux services. A l’inverse, historiquement, elles se sont développées au sein de silos technologiques (serveurs, stockage et réseau) et parfois aussi en aboutissant à des organisations distinctes.

L’industrie informatique a depuis longtemps imaginé des alternatives à ces silos, tout d’abord en mettant sur le marché des systèmes convergents, et plus récemment des solutions hyper-convergentes. Les systèmes convergents regroupent au sein d’un système intégré toutes les ressources de traitement, de stockage et de réseau nécessaires.

Aujourd’hui les infrastructures IT sont comme des jeux de constructions, constitués de briques prédéfinies que vous pouvez assembler en quelques heures pour construire une camionnette ou un 38-tonnes. Mais à l’ère du développement agile, la flexibilité requise vous impose de disposer de pools de ressources serveur, stockage et réseau qui soient ‘stateless’ – c’est-à-dire sans destination spécifique, ni image logicielle ou configuration prédéterminées – immédiatement prêtes pour satisfaire de nouvelles charges applicatives. Un tel pool de ressources doit permettre de combiner, de configurer et de faire monter en puissance les différents modules qui le composent, de façon automatique et en temps réel. 

Pour ce faire, à la place d’un jeu de construction, il nous faudrait plutôt un nouveau type de machine à glaçons. En appuyant sur un simple bouton, cette machine serait capable de créer des blocs de glace ayant la forme d’un camion de 38 tonnes, d’une camionnette, d’une voiture compacte ou d’un coupé sport. Selon les besoins, la glace pourrait juste être fondue puis solidifiée dans différents moules de forme, cela serait vraiment du « hardware as a service ». 

Une IT à la vitesse du cloud plutôt qu’une IT à deux vitesses

Les géants du cloud arrivent à obtenir une efficacité énorme en gérant de façon automatisée des millions de serveurs. Néanmoins, ils doivent consentir d’importants efforts en amont pour arriver à ce résultat, à l’aide de logiciels personnalisés, de matériel assemblé pour leurs besoins propres, et de processus DevOps maison. L’efficacité du management – et donc la rapidité d’action qu’elle permet – est toujours définie par le ratio entre les dépenses administratives et celle concernant l’IT de façon globale. Plus l’environnement est restreint, plus son administration doit être pour le moins rationalisée. Une ‘composable infrastructure’ rend les tâches d’exploitation comparables à la gestion d’un cloud public qui aurait la dimension d’une infrastructure d’entreprise.

A l’inverse de la plupart des fournisseurs majeurs de service cloud, les organisations IT au sein des grandes entreprises doivent poursuivre leurs efforts pour assurer l’exploitation sans faille de leur infrastructure traditionnelle. Elles vivent dans un monde à deux vitesses que le Gartner appelle une « informatique bi-modale ». Une ‘composable infrastructure’ est à même de concilier les deux mondes : des environnements cloud basés sur OpenStack et Docker, mais aussi des outils de supervision comme ceux de Microsoft ou VMware. Avec une telle interopérabilité, les deux mondes de l’informatique bi-modale peuvent se rejoindre. Et les environnements traditionnels bénéficient de la capacité à provisionner des ressources à la vitesse du cloud.


[1] Etude Oxford Economics: “Business at the Speed of Thought: Accelerating Value Creation“

[2] www.gartner.com/newsroom/id/3188817

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