Les impôts payés par Google : non, ce n'est "pas glorieux"

En janvier, le ministre britannique des Finances s’est félicité de l’accord trouvé avec Google. Le géant américain, souvent critiqué pour sa faible contribution fiscale, a accepté de verser 172 millions d’euros. Ce montant est censé solder les comptes pour une période de 10 ans.

Mais voilà, cette somme est jugée dérisoire au regard des milliards d’euros de chiffre d’affaires réalisés par Google sur la même période. Et le gouvernement anglais est ainsi accusé d’avoir passé l’éponge et renoncé à faire changer de comportements aux multinationales comme Google en échange d’un chèque.

Google ignore officiellement le montant de son CA

Interrogé par la BBC, le secrétaire d’État au commerce Sajid Javid s’est montré moins fier que le ministre des Finances George Osborne au sujet de cet accord – amnistie ? – fiscal. Celui-ci y voit un « succès majeur ».

Pour Sajid Javid, au contraire, cela n’a « pas été un moment glorieux ». Il déclare ainsi, comme de nombreuses personnes, éprouver un sentiment d’injustice. En tant que secrétaire d’État au commerce, il n’ignore pas que toutes les entreprises, notamment locales, ne sont pas logées à la même enseigne en termes de niveau d’imposition.

Naturellement, Google ne partage pas ce sentiment. Interrogé par la BBC, le directeur de la communication de la firme en Europe, Peter Barron, assure qu’il ne s’agit en rien d’un traitement de faveur.

Peut-il le démontrer ? Non, car le dirigeant se déclare incapable de préciser combien de profits a enregistrés Google au cours de la dernière décennie au Royaume-Uni, ce qui permettrait ainsi d’évaluer son niveau d’imposition.

D’après le Guardian, ce montant atteindrait 9,4 milliards d’euros environ. En conséquence, l’impôt sur les sociétés acquitté par Google équivaudrait à moins de 3% dans le pays. Or en théorie, les entreprises sont soumises à un taux d’imposition de 20%.