L’IA pas si mauvaise pour l’avenir de l’Homme

Dans son ouvrage « Un monde meilleur » aux éditions Maxima / Laurent Du Mesnil, l’auteur Hervé Cuillandre donne une vision optimiste de l’intelligence artificielle et à ses impacts positifs sur l’Homme.

Hervé Cuillandre défend dans « Un monde meilleur » une vision optimiste de l’AI. (crédit : D.R.)

Les craintes contre le « machinisme » sont anciennes. Dès 1819, les Canuts brisaient les métiers Jacquard à Lyon. On ne compte plus les conflits sociaux relatifs à la mécanisation, avec les craintes induites sur l’emploi, et Karl Marx en prend le prétexte pour expliquer la baisse tendancielle du taux de profit. Après avoir remplacé la force physique humaine, les machines, à l’heure de l’Intelligence Artificielle (IA), vont-elles remplacer la force intellectuelle ? Cette crainte, pour Hervé Cuillandre, n’est pas fondée et il explique sa position dans « Un monde meilleur – Et si l’Intelligence Artificielle humanisait notre avenir ? » qui vient de paraître aux Editions Maxima / Laurent Du Mesnil Editeur.

Pourtant l’ouvrage débute par un rappel des craintes, souvent fondées. Le changement, le glissement de compétences et de modèles économiques, comme à chaque progrès technique, ne se choisit pas : il s’impose, le choix étant entre le subir et l’anticiper ainsi que l’accompagner. Avant de parler d’IA, l’auteur détaille ses préalables (comme le Big Data) et des éléments connexes comme la blockchain qui permet d’automatiser certaines relations. Puis il se penche sur les risques (cyber-piratages, « post-vérité »…) et sur l’indispensable digitalisation des entreprises, des administrations et de notre vie quotidienne. Les mânes de Joseph Alois Schumpeter sont évidemment invoquées au nom de la destruction créatrice, comme d’habitude par tous les auteurs et conférenciers abordant un sujet relatif à l’innovation radicale. Enfin apparaît dans le dernier quart du livre, pour de bon, le sujet de l’IA mais sous l’angle de l’acceptabilité et de l’évolution sociales.

L’optimisme y est de mise, mais plutôt sous la forme d’une profession de foi. Après que l’auteur ait pris la peine d’autant de préalables pour bien saisir tous les tenants et aboutissants, le lecteur ne peut qu’être un peu déçu, même si l’ouvrage est agréablement écrit. Certes, anticiper une évolution aussi considérable est délicat mais on est plus dans le « il faut que » que dans le « comment faire que ». Si toutes les opinions et positions de l’auteur sont bien suivies, alors en effet, la place de l’humain bénéficiera des évolutions technologiques. Espérons que cela sera le cas. C’est en tous cas un ouvrage intéressant pour contribuer à la réflexion générale sur la place de l’intelligence artificielle.

Cet ouvrage est partiellement issu d’articles antérieurs de l’auteur, remaniés pour l’occasion.

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