L’indiscrétion de Google sur iPhone l’expose à une lourde sanction

 

‘Don’t be evil’ : Google n’a retiré de son code de conduite la référence à sa devise historique que tout récemment. Cependant, dans la pratique, le géant de la publicité sur Internet pourrait avoir cessé de l’appliquer quelques années auparavant.

Les faits remontent à 2011-2012 et ont valu à Google une condamnation aux Etats-Unis. La firme avait contourné les paramétrages de confidentialité du navigateur Safari pour installer un cookie de tracking.

Pas de préjudice pour les utilisateurs, juge Google

Pour ces mêmes pratiques, le groupe « Google You Owe Us » a attaqué le géant californien devant la justice britannique. Les plaignants agissent au nom des 4,4 millions d’utilisateurs d’iPhone du pays. En cas d’indemnisation, la facture pourrait être très lourde pour Google.

D’après des documents judiciaires cités par Bloomberg, les millions d’utilisateurs d’iPhone concernés au Royaume-Uni pourraient recevoir près de 1000 dollars chacun. En théorie, Google pourrait ainsi devoir verser jusqu’à 4,3 milliards de dollars.

La société a plaidé devant le tribunal lundi que l’affaire devrait être rejetée, arguant du fait qu’il n’y avait aucun moyen de vérifier si une personne avait effectivement été touchée par la mesure de contournement de Safari exploitée par Google pendant plusieurs mois.

En 2015 déjà, Google estimait pour sa défense que les utilisateurs n’avaient subi aucun préjudice financier du fait de cette collecte de données non-consentie. Les magistrats n’avaient pas suivi son avis, considérant que ces plaintes soulevaient « de graves questions qui méritent un procès. »

Plusieurs années auparavant, la firme de Moutain View assurait que ses cookies publicitaires « ne contenaient pas d’informations personnelles. » La lecture de la cour d’appel de 2015 est sur ce point aussi radicalement différente.

La collecte de données, souvent de nature extrêmement privée, durant une période de neuf mois, constitue pour le tribunal une « intrusion », source d’un réel préjudice. Les internautes ayant eu accès à Internet durant cette période par l’intermédiaire d’appareils Apple (Mac, iPad, iPhone) étaient par conséquent légalement en droit d’engager une procédure à l’encontre de Google.

« La confidentialité et la sécurité de nos utilisateurs sont extrêmement importantes pour nous » tient aujourd’hui à assurer Tom Price, le directeur de la communication de Google UK. « Cette affaire concerne des événements survenus il y a plus de six ans et sur lesquels nous nous sommes penchés à l’époque » commente-t-il encore, appelant à un rejet de la plainte.

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