Mais qui peut encore avoir la peau de Google Chrome ?

Léthargique, sans concurrence véritable des années durant, le secteur des navigateurs Web a longtemps été dominé par Internet Explorer. Mozilla et son logiciel Firefox ont permis de relancer l’innovation. Pour autant, Microsoft a continué malgré tout d’occuper une place prédominante, sans jamais être un acteur de rupture.

Celui qui a introduit la rupture dans les navigateurs, c’est sans conteste Google. Fin 2008, il lance Chrome. Du côté de Mozilla, on peut faire grise mine, la firme de Mountain View étant la première source de financement de Firefox au travers d’un accord sur la recherche.

Chrome règne sur PC et mobile

Si au niveau mondial, Firefox n’a jamais supplanté IE, Chrome, lui, y parviendra dès 2012. Mozilla n’a pas les milliards de dollars du californien. L’ascension du navigateur de Google entrainera dans la foulée le déclin, en termes de part de marché, du logiciel de Mozilla.

Selon StatCounter, dès novembre 2011, Chrome croise Firefox et poursuit sa route. Il croisera celle d’Internet Explorer vers mai 2012 avec environ 32% des pages vues sur desktop. L’adoption du navigateur de Google n’a pas faibli ensuite.

En mai 2016, Chrome est à 60,17%. Google domine aujourd’hui le marché des navigateurs comme il le fait sur celui des moteurs de recherche (enfin un peu moins tout de même…). Ses rivaux sont distancés et ne semblent pas en mesure d’inverser la tendance. Ils n’y sont pas parvenus en tout cas ces dernières années.

 

Sur PC, Internet Explorer est à 12,45%. Mozilla a bien supplanté Microsoft, oui, mais après avoir comme son concurrent abandonné beaucoup de terrain. Sa part de marché est estimée à 15% environ par StatCounter.

Du côté de NetMarketShare (mesure basée sur les visites uniques), la situation de Firefox est plus critique puisque le mois dernier, celui-ci est passé sous la barre des 10%, à 8,91%. Internet Explorer fait ici bien mieux (38,67%), même si la tendance reste la même : une baisse constante et une domination grandissante de Chrome (45,63%).

Un navigateur peut-il exister sans OS smartphone ?

Et cela, ce n’est que sur ordinateur. Or l’accès au Web est loin de se cantonner au PC. Les internautes sont plus que jamais connectés sur smartphones. Sur ces terminaux, Google dispose d’un atout de taille avec lequel seul Apple peut rivaliser : un OS mobile, Android.

Ainsi, la firme revendique 1 milliard d’utilisateurs par mois sur mobile de son navigateur. Au niveau mondial, d’après StatCounter, Google Chrome est le premier navigateur. Face à un logiciel préinstallé, les autres navigateurs ont bien du mal à exister sur mobile – à l’exception de Safari qui bénéficie de l’adoption d’iOS et de l’iPhone.

Microsoft peut-il se relancer ? Avec Windows 10, l’éditeur a certes pu préserver son OS, mais pas ou peu favoriser l’adoption de ses services applicatifs comme Bing ou Edge, son nouveau navigateur. En France, si Windows 10 affiche une part de marché de 26% environ, Edge ne décolle pas franchement (3,55%).

Pour Mozilla aussi l’histoire se complique. Firefox peine à exister sur smartphone, un environnement cadenassé par Google et Apple. Sur PC, de moins en moins (voire déjà plus) le premier outil de navigation, l’éditeur veut miser de nouveau sur des fonctionnalités uniques. Mais pour financer son développement, Mozilla ne peut plus compter sur Google. Un accord a été conclu avec Yahoo dans la recherche. Toutefois l’avenir (et même son présent) de Yahoo n’est pas des plus brillants.

Qui alors pour contester la domination de Chrome ? Peut-être le prétendant le plus sérieux est-il encore à inventer.

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