Marie-Laure Denis nommée à la tête de la CNIL

La CNIL a une nouvelle tête de proue. Les parlementaires membres des commissions des lois respectives de l’Assemblée nationale et du Sénat ont en effet validé aujourd’hui la nomination de Marie-Laure Denis en qualité de présidente du gendarme français des données. Marie-Laure Denis a ainsi vu sa candidature adoptée au Sénat par 48 avis favorables sur 55 suffrages et par 35 avis favorables sur 37 suffrages à l’Assemblée nationale.

 

Passée notamment par le CSA et l’Arcep, cette haute-fonctionnaire, dont la candidature avait été proposée récemment par l’Elysée, succède à Isabelle Falque-Pierrotin, appelée au chevet du Grand débat national organisé par l’exécutif.

Après avoir exercé durant 15 ans dans différentes autorités administratives indépendantes, dont 6 années au collège de l’Arcep, Marie-Laure Denis aura pour lourde tâche de conduire la politique du gendarme des données. Et ce n’est pas peu dire qu’elle aura fort à faire, tant l’Autorité est comptable de différents sujets qui devraient bousculer l’actualité dans les prochains mois.

Au premier rangs desquels l’application du RGPD, un « texte d’importance vitale » pour la nouvelle présidente de la CNIL qui entend en faire sa « première priorité ». Disposant d’un « budget contraint », 17,6 millions d’euros en 2018, abondé de 400 000 euros supplémentaires en 2019, la nouvelle dirigeante de la CNIL entend miser avant tout sur « la pédagogie pour promouvoir l’esprit de ce texte ».

« On peut, assurer un niveau de protection élevé des données personnelles tout en permettant aux entreprises de se développer et aux collectivités publiques de mener leurs politiques », a-t-elle déclarée devant les députés, se voulant conciliante face à des enjeux commerciaux et de protection des données parfois – voire souvent – opposés.

La levée de l’anonymat, une question « aux enjeux essentiels »

Si le droit à l’oubli ou le privacy shield seront autant d’autres combats à mener pour Marie-Laure Denis, l’un des plus urgent pourrait bien se trouver ailleurs. Plus précisément dans la levée de l’anonymat sur Internet. Un sujet qui partage aujourd’hui l’exécutif, le président de la République s’y étant déclaré favorable sous certaines conditions, au contraire de certains de ses ministres dont le ministre de la Culture Franck Riester.

Alors que la question divise , la nouvelle présidente de la CNIL a fait savoir qu’elle entendrait bien s’en saisir, sans toutefois prendre de position tranchée à propos d’un débat qui a toutes les chances de se révéler brûlant. Après avoir fait savoir devant les sénateurs qu’il s’agit là « d’un sujet sur lequel il serait opportun de porter une réflexion », Marie-Laure Denis a en effet marche arrière lors de son audition à l’Assemblée nationale.

« C’est un vrai débat qui dépasse la CNIL mais auquel elle peut participer. Ce n’est pas une réponse très précise, mais les enjeux sont essentiels », a-t-elle indiqué, refusant de se saisir de la « patate chaude » mais en reconnaissant que « l’anonymat favorise certainement les propos illicites, la violence qui est condamnable et qu’il y’a un équilibre à trouver entre la protection de la vie privée sur internet et la responsabilité des auteurs de propos engagés à plus d’un titre ». Reste que sur ce sujet, comme sur d’autres, la nouvelle présidente CNIL devrait logiquement avoir son mot à dire au cours des prochains mois.

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