Mark Zuckerberg en mode Punching ball : les moments chauds de son audition devant le Congrès

Mark Zuckerberg en mode Punching ball : les moments chauds de son audition devant le Congrès

Mark Zuckerberg a servi de sac de frappe sur le Capitol Hill. Pendant plus de deux heures, le jeune dirigeant du réseau social le plus puissant du monde a essuyé les attaques et pics des sénateurs. Il se présentait devant une commission conjointe réunissant le comité judiciaire du Sénat des États-Unis et le comité du Sénat sur le commerce. Aujourd’hui, il répondra aux questions du comité de la Chambre des représentants sur le commerce et l’énergie.

Ces auditions sont le résultat direct du scandale Cambridge Analytica, l’entreprise britannique à laquelle on reproche d’avoir acquis sans leur consentement les données personnelles de 87 millions de membres Facebook et qui les aurait exploitées lors de la campagne du référendum sur le Brexit et l’élection présidentielle de 2016 aux Etats-Unis. Cette affaire a alimenté nombre de questions et critiques des sénateurs envers la manière dont Facebook a failli dans la protection des données de ses utilisateurs.

Voici un florilège des moments les plus tendus de cette première audition de Mark Zuckerberg.

Dick Durbin, sénateur démocrate de l’Illinois

M. Zuckerberg, pourriez-vous nous donner le nom de l’hôtel dans lequel vous avez dormi la nuit dernière ?

Mark Zuckerberg : euhh…non.

Si vous avez envoyé des messages cette semaine, voudriez-vous partager avec nous les noms des personnes avec lesquelles vous avez communiqué ?

Mark Zuckerberg : non Sénateur, je choisirais probablement de ne pas le faire.

Je pense que c’est peut-être ce dont il s’agit. Votre droit à la vie privée, les limites de ce droit et ce que vous seriez disposé à céder, dans l’Amérique moderne, au nom du « connecter les gens dans le monde entier ».

Richard Blumenthal, sénateur démocrate du Connecticut, à propos du fait que Cambridge Analytica ait menti à Facebook 

Ce qui s’est passé là est un aveuglement volontaire. C’était insouciant et imprudent, ce qui en fait équivalait à une violation du décret de consentement de la FTC. Nous avons déjà eu droit à la séance d’excuses. Vous avez refusé d’admettre ne serait-ce qu’une obligation éthique de devoir signaler cette violation du décret de consentement FTC.

Bill Nelson, sénateur démocrate de Floride, à propos de la nécessité d’une régulation 

Si Facebook et les autres entreprises du web ne veulent ou ne peuvent remédier aux invasions de la vie privée alors, nous allons devoir le faire. Nous, le Congrès. Comment les consommateurs américains peuvent-ils faire confiance à des entreprises comme la vôtre pour être les garants de leurs informations les plus personnelles et les plus identifiables ? 

John Thune, sénateur républicain du Dakota du Sud

M. Zuckerberg, à bien des égards, vous et l’entreprise que vous avez créée, l’histoire que vous avez écrite, représentent le rêve Américain. Vous avez inspiré un grand nombre de personnes. Il vous appartient de faire en sorte que le rêve ne devienne pas un cauchemar pour la vie privée de tous ceux qui utilisent Facebook. 

John Kennedy, sénateur républicain de Louisiane

Voici ce que tout le monde essaie de vous dire aujourd’hui, et je vous le dis gentiment : votre consentement de l’utilisateur est nul. Son but est de protéger vos arrières, pas d’informer vos usagers de leurs droits. Maintenant vous le savez et je le sais. Je vais vous suggérer de rentrer chez vous et de le réécrire.

Catherine Cortez Masto, sénatrice démocrate du Nevada 

J’apprécie vos excuses. Mais arrêtez les excuses et commençons à changer les choses. Je pense qu’il est temps de vraiment changer de conduite. Mon scepticisme, et j’espère que vous pourrez m’aider avec cela, tient au fait qu’au cours des sept dernières années, je n’ai pas constaté de réel changement pour assurer que la vie privée existe et donner aux individus le contrôle sur la confidentialité de leurs données.

Le supplice de Zuckerberg n’est pas terminé, il devra à nouveau chausser les gants ce mercredi  pour un second round qui se déroulera à la Chambre des représentants sur le commerce et l’énergie.

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