Médias : Facebook s’attaque à Sputnik

Facebook a supprimé aujourd’hui des centaines de pages et de comptes liés aux employés de Sputnik, une agence de presse basée à Moscou. Le réseau social a déclaré que ces comptes étaient engagés dans des campagnes d’influence politique à travers les pays baltes, l’Asie centrale, le Caucase, et les pays d’Europe centrale et orientale.

Nathaniel Gleicher, responsable de la politique de cybersécurité chez Facebook, a déclaré que le réseau Sputnik se faisait passer pour des agences de presse indépendantes ou publiait des pages d’intérêt général sur des sujets comme la météo, les voyages, les sports et l’économie. Dans certains cas, ces comptes gérés par des employés de Sputnik se sont également fait passer pour des politiciens dans des pays comme la Roumanie, la Lettonie, l’Estonie, la Lituanie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Géorgie, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan, le Kazakhstan, la Moldavie, la Russie et le Kirghizstan.

Le réseau Spoutnik a souvent publié des articles sur des sujets visant à susciter un sentiment anti-OTAN, des mouvements de protestation et des débats sur la lutte contre la corruption, dans le but de provoquer des troubles politiques et civils dans les pays ciblés explique Facebook.

Au total, M. Gleicher a déclaré que le réseau de faux comptes de Sputnik contenait 75 comptes Facebook et 289 pages, suivis par environ 790.000 utilisateurs.

Le réseau a également dépensé plus de 135.000 dollars en publicité depuis octobre 2013, date à laquelle il a commencé à fonctionner.

Dans un podcast diffusé en octobre dernier, Christopher Krebs, actuellement à la tête de l’Agence pour la cybersécurité et la sécurité des infrastructures (CISA, une agence des Etats-Unis), mais s’exprimant en tant que sous-secrétaire à la Direction de la protection nationale et des programmes du DHS, avait traité Sputnik de machine de propagande pour l’Etat russe et avait exhorté le public et les autres médias à le traiter en conséquence.

Par exemple, en Roumanie, Sputnik fait souvent l’éloge de toute mesure prise par le gouvernement local au profit de l’État russe, comme le report de l’acquisition de navires de guerre, qui a renforcé la position de la Russie dans la mer Noire ; ou crée du contenu relayant des opinions controversées sur des sujets sociétaux, comme le récent débat sur les droits des communautés LGBTQ.

L’édition roumaine de Sputnik n’hésite pas non plus à publier de fausses nouvelles, comme par exemple l’annonce que des manifestants avaient vandalisé le siège du ministère de la Justice. Un acte de vandalisme réalisé en réalité par une seule personne.

Ce n’est pas la première fois que Facebook démantèle un réseau de désinformation géré par une agence de presse publique. En août, Facebook avait supprimé des centaines de comptes gérés par Press TV, un réseau d’information de langue anglaise affilié aux médias publics iraniens.

Facebook démantèle une deuxième campagne d’influence

En plus du réseau de comptes liés à Sputnik, Facebook a également interdit à un deuxième réseau de participer à des campagnes d’influence politique.

M. Gleicher a déclaré que ce réseau a également vu le jour et qu’il était géré depuis la Russie, mais que les propriétaires des comptes se présentaient comme ukrainiens et partageaient des articles d’actualité ukrainiens.

Les sujets de ces articles partagés relayaient des appels à manifestation, ou avaient pour objet l’OTAN, les conditions sanitaires dans les écoles et la météo.

Selon M. Gleicher, Facebook a constaté « un certain chevauchement technique » entre ce deuxième réseau et le réseau de faux comptes qui s’est mêlé des élections de mi-mandat aux États-Unis l’année dernière.

Selon les cadres dirigeants de Facebook, ce réseau était composé de 26 pages Facebook, 77 comptes Facebook, 4 groupes Facebook et 41 comptes Instagram.

Le réseau avait réussi à rassembler 180.000 adeptes sur Facebook et 55.000 sur Instagram. Les responsables de ce réseau avaient également versé plus de 25.000 $ en publicité entre janvier et décembre 2018 à l’entreprise. Facebook a dit avoir agi contre ce second réseau suite à une information fournie par les forces de l’ordre américaines.

Article « Facebook removes propaganda network linked to Russian media group Sputnik » traduit et adapté par ZDNet.fr 

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