Ministère amer : Fleur Pellerin quitte l'administration pour épouser le numérique

Fleur Pellerin quitte la fonction publique pour se lancer dans la grande aventure de l’entrepreneuriat. L’ancienne ministre de la Culture, remerciée lors du dernier remaniement ministériel, annonce en effet quitter son poste actuel de conseillère à la Cour des comptes pour fonder une entreprise privée, Korelya. Et Fleur Pellerin n’entend pas faire les choses à moitié : dans sa lettre, elle explique renoncer « définitivement » à ses fonctions de magistrate. Elle refuse ainsi l’alternative de la « mise en disponibilité » qui lui offre la possibilité de partir de la fonction publique tout en s’assurant de pouvoir être réintégrée pendant huit ans. L’ancienne ministre semble donc décidée à couper les ponts de manière radicale et entend le faire savoir.

Vrai changement de cap ? Fleur Pellerin a rapidement donné les grandes lignes de ce qui a motivé sa décision. L’ancienne ministre entend lancer sa propre entreprise, baptisée Korelya. L’objectif de cette structure sera de faciliter les investissements coréens en France en matière de nouvelles technologies. Un projet qui a été approuvé par la haute autorité de la transparence de la vie politique, qui a estimé que celui-ci ne présentait aucun conflit d’intérêts.

Du pareil au même?

Pourtant, outre les postures, Fleur Pellerin reste ici dans sa zone de confort. Avant son passage en tant que ministre de la Culture, elle s’était ainsi distinguée au poste de secrétaire d’État chargé du numérique, un poste aujourd’hui dévolu à Axelle Lemaire. Parmi ses faits d’armes, Fleur Pellerin lance d’ailleurs une initiative : la French Tech.

Celle-ci vise à accompagner les startups françaises qui souhaitent bénéficier d’une visibilité et d’un soutien pour vendre leurs technologies à l’international. Difficile de savoir si la French Tech a néanmoins connu le succès escompté. On a beaucoup évoqué le manque de moyens alloués à ce projet ainsi que le fait que celui-ci n’était finalement rien de plus qu’une vitrine pour les entreprises, un coup de communication plus qu’un véritable soutien gouvernemental.

Initié par Fleur Pellerin, le projet lui a pourtant rapidement échappé des mains. La secrétaire d’État donne le coup d’envoi du projet en janvier 2014, mais doit rapidement céder la place pour prendre la tête du secrétariat d’État au commerce extérieur en avril 2014, puis du ministère de la Culture à la fin du mois d’août 2014. C’est finalement Axelle Lemaire, qui lui succède au numérique, qui s’illustrera aux côtés de la French Tech et ce bien plus que Fleur Pellerin, engagée dans d’autres missions.

Difficile de ne pas faire le parallèle entre cette initiative et l’ambition de sa nouvelle entreprise, Korelya. Fleur Pellerin connaît bien son sujet. Déjà en 2013, elle emmenait ainsi des startups françaises à l’occasion d’un voyage en Corée afin de donner une visibilité aux sociétés qui souhaitaient établir des partenariats avec les acteurs coréens.

L’ancienne ministre peut également se targuer de ses origines coréennes et d’une certaine popularité dans ce pays, qui vient s’ajouter à son CV déjà chargé en matière d’accompagnement de start-up à l’international. Après avoir été écartée un peu sèchement du gouvernement, Fleur Pellerin quitte certes l’administration, mais continue finalement sur sa lancée. Une rupture pas si radicale que cela.

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