MWC 2019 : La virtualisation et la gestion du réseau dans le cloud s’accélèrent aussi

Sur le MWC 2019, les fournisseurs de solutions réseaux ont leur propre hall. Les enjeux de virtualisation allant croissant, chacun veut apporter une couche logicielle uniforme, sécurisée et simple à gérer. Mais ils doivent désormais aller plus loin et proposer des fonctionnalités supplémentaires ou originales pour se différencier auprès des utilisateurs.

De gauche à droite : Patrick Paul Gelsinger, CEO de VMware ; Nabil Bukhari, vice-président en charge des produits chez Extreme Networks ; Jim Benson, directeur marketing produit chez Juniper. (Crédit : Nicolas Certes)

En direct de Barcelone. S’il est un processus qui va prendre de l’ampleur avec l’arrivée de la 5G, c’est bien la virtualisation réseau et la gestion de ce dernier dans le cloud. Le Gartner a d’ailleurs lancé son premier Magic Quadrant autour du WAN fin 2018. « Le SD-WAN apporte une valeur irréfutable en permettant de réduire les coûts d’usage des MPLS, d’automatiser la gestion du WAN, d’améliorer la gestion du trafic entre les applications ainsi que leur déploiement. Il apporte en outre plus d’efficience grâce une sélection intelligente des canaux de communication », estimait de son côté Rohit Mera, analyste chez IDC, en 2017. Quelle que soit la technologie employée, il s’agit de contrôler de manière centralisée les ressources réseau, en simplifier la gestion grâce à une visibilité complète des ressources utilisées en temps réel, tout ceci en les dissociant des éléments physiques du réseau.

Dans ce secteur qui n’est pas nouveau mais en pleine expansion, les acteurs s’efforcent de proposer la solution qui simplifiera au maximum l’orchestration de ces environnement complexes. Tous étaient présent sur le MWC, nous en avons rencontré trois.

VMware, l’un des leaders

VMware est présent sur le marché depuis le rachat de Nicira en 2012 mais a continué de perfectionner ses solutions pour bâtir un « telco cloud ». Velocloud, spécialiste du SD-WAN, qui a rejoint le groupe en 2018, a aussi permis au groupe de signer de nouveaux partenariats avec plusieurs acteurs du secteur. Dont AT&T. L’opérateur américain a décidé de s’équiper de cette solution pour pouvoir intégrer des services 5G dans leur SD-WAN, notamment pour un meilleur contrôle du réseau. T-Systems va, de son côté, proposer à ses clients une offre de services gérés pour VMware Cloud sur AWS. Le fournisseur travaille également avec Vodafone – qui a étendu son partenariat à l’ensemble de ses sites – ou NTT sur ces sujets.

VMware est en train d’adapter son Telco Cloud pour la 5G. (Crédit : Nicolas Certes)

Afin de simplifier davantage les usages des spécialistes des télécom, VMware a dévoilé la Smart Assurance 10 pour offrir une intégration complète entre le vCloud NFV et la plate-forme NFV Infrastructure (NFVI). Cette offre fournit également un support pour NSX SD-WAN, un modèle de noyau mobile développé par VeloCloud capable de gérer et de surveiller les applications IMS virtuelles (vIMS). Il s’intègre également avec VMware Integrated OpenStack et  vRealize Operations (vROps), tirant parti de la technologie vROps Machine Learning pour la gestion des performances et l’analyse dynamique des seuils. Le spécialiste de la virtualisation a aussi mis à jour son composant logiciel NSX-T Data Center. La version 2.4 inclut la prise en charge de l’IPv6 et permet une extensibilité à des dizaines de milliers de réseaux uniques par instance NSX-T Data Center.

Extreme Networks sécurise le réseau avec la blockchain

Ces plateformes doivent répondre à des besoins fondamentaux des opérateurs et équipementiers et proposent donc des fonctionnalités similaires. Extreme Network propose aussi un service d’optimisation des connexions réseau, que ce soit pour le Wi-Fi ou la 5G, boosté au machine learning. Tous les éléments sont conteneurisés afin de pouvoir être mieux déployés.

Mais ce qui le différencie est qu’il sécurise tous ces éléments et sa plateforme avec la technologie blockchain. « Quand vous convertissez vos infrastructures hardware en software, les communications entre elles peuvent être piratées » indique Nabil Bukhari, vice-président en charge des produits chez Extreme Networks. Nous avons utilisé la technologie des contrats intelligents en définissant chacun des composants comme un membre de la transaction. Ainsi, chaque transaction de « paquets » entre eux sera suivie par un smart contract qui chiffrera par la même occasion ce transfert ». Tous les systèmes développés par Extreme sont sécurisés de cette manière, en dehors de ceux exploitant le Wi-Fi car les standards sont différents.

(Crédit : Extreme Networks)

Juniper Networks préfère allier infrastructures matérielles et virtuelles

Chez Juniper ce sont les routeurs, les switches et autres appliances qui font la force de sa solution. Le fournisseur a d’ailleurs remis à jour toute ses gammes d’infrastructures début février. Sur la gamme Metro, deux routeurs ont été lancés pour apporter une plus grande capacité afin de fournir le transport IPsec nécessaire, et subvenir aux besoins en bande passante nécessaires à la 5G. Côté Edge Innovations, une nouvelle carte de ligne numérique MPC11E  est alimentée par le Penta Silicon de Juniper et augmente la capacité du système avec une capacité de 4 To par slot. Enfin le Triton Silicon de Juniper permet une connectivité sécurisée de bout en bout à l’échelle avec un support MACsec natif de 400 GbE dans une puce réseau.

Jim Benson, directeur marketing produit chez Juniper, ajoute que Junos, le système d’exploitation réseau fournit par la société, est également un facteur différenciant de ses concurrents. Le fait que ses produits soient open source aussi. C’est le cas de son Contrail Cloud, dédié telco. Cette plateforme est conçue pour exécuter des fonctions NFV en permanence. Elle s’associe pour ce faire à la plateforme Red Hat OpenStack. Boostée elle aussi au machine learning, Contrail Cloud optimise l’infrastructure cloud et les fonctions réseau virtualisées. L’outil peut prendre en charge de plus de 20 fonctions réseau virtualisées (VNF) tierces, ainsi que des applications de routage et de sécurité virtualisées de Juniper, est interopérables auprès de plusieurs fournisseurs via des API ouvertes et est intégré nativement chez Amdocs et d’IBM.

Mais l’annonce dont le fournisseur se targue depuis hier, c’est le renforcement de son partenariat avec Ericsson… pour les futurs déploiement 5G bien sûr. Après l’officialisation de cette collaboration en septembre dernier, les deux entreprises veulent fournir une solution mobile de bout en bout afin de faciliter l’évolution des fournisseurs de services vers la 5G. En bref, la solution créée combine le routage de Juniper pour les services WAN de nouvelle génération et le transport IP, et la gamme de routeurs 6000 et Mini-Link micro-ondes d’Ericsson. Juniper apporte plus de détails techniques dans un communiqué.

Go to Source


bouton-devis