Netflix en France : deux ans de figuration et puis s'en va

Selon l’Express, Netflix aurait pris la décision de rapatrier ses bureaux français aux Pays-Bas. La société, implantée en France depuis 2014, disposait en effet d’un site français basé dans le 7e arrondissement de Paris. Le siège européen du groupe était néanmoins déjà localisé aux Pays-Bas. D’après nos confrères, la société envisage donc de fermer son antenne française et de transférer ses employés au siège. Les Échos précise que cette relocalisation devrait concerner un peu moins d’une dizaine de personnes.

Ce choix stratégique pose évidemment la question de la fiscalité. En déplaçant son siège aux Pays-Bas, le pays du sandwich hollandais tant aimé des fiscalistes, la société de VOD pourrait ainsi échapper facilement aux taxes françaises. L’économie ne sera pas considérable toutefois. L’Express révèle que Netflix contribuait fiscalement a minima en France : entre 2014 et 2016, la société n’aurait ainsi versé 600.000 euros aux impôts français.

Ce n’est pas qu’un au revoir

Le déplacement de son siège devrait surtout permettre à Netflix d’échapper à plusieurs règles qui pesaient sur son activité et que le groupe de VOD avait été contraint d’accepter lors de son installation en France. Le service américain echappait deja à de nombreuses contraintes réglementaires grâce à son siège européen basé au Pays-Bas.

Numerama souligne en outre qu’un départ du territoire permettrait à Netflix de ne plus se soumettre à la taxe visant à financer les créations européennes. En principe, une partie du chiffre d’affaires doit être réservée « à des dépenses contribuant au développement de la production d’œuvres cinématographiques européennes » ainsi qu’au développement d’œuvres « d’expression originale française » et reversés au CNC. En installant l’ensemble de ses services aux Pays-Bas, la société ne devrait plus avoir à se soumettre à cette taxe.

La question du siège social de Netflix s’était pourtant posée dès son arrivée sur le territoire français. L’implantation d’un acteur aussi important du marché de la VOD avait en effet fait frémir la concurrence, qui craignait l’arrivée d’un acteur échappant aux règles traditionnelles s’appliquant aux chaînes et médias diffuseurs de contenus vidéo. Netfix avait pourtant fait amende honorable et avait ainsi financé la production de la série Marseille, entièrement tournée et produite sur le sol français. Le succès n’était pas vraiment au rendez-vous, mais le résultat nous aura bien fait rire et permettait à Netflix de prouver sa bonne volonté. Les craintes soulevées par l’arrivée de Netflix avaient notamment été apaisées par l’intervention de Fleur Pellerin et d’Aurélie Filipetti, alors ministre de la Culture, qui avait exprimé le souhait que Netflix se soumette aux mêmes règles que celles pesant sur ses concurrents français.

Après deux années passées à montrer patte blanche, Netflix semble donc vouloir arrêter les frais et rejoint la horde de sociétés étrangères parties s’installer aux Pays-Bas afin d’échapper aux législations fiscales souvent jugées « trop compliquées » dans le reste de l’Union européenne. Le Luxembourg et l’Irlande font également partie des destinations de prédilection des multinationales, mais les Pays-Bas semblent avoir la cote ces temps-ci. Le service sera néanmoins toujours disponible pour les internautes français et Netflix a d’ailleurs annoncé qu’une saison 2 de Marseille était en préparation. Joie.

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