OK Google. De quoi avez-vous peur ?

Ils sont tellement différents chez Google.

Ils évitent les conflits et les controverses, préférant agir discrètement et suivre chacun de vos faits et gestes.

Ils ne donnent pas un bon spectacle. Ils préfèrent même ne pas trop s’exprimer, s’ils peuvent s’en dispenser.

Peut-être est-ce la raison pour laquelle, lors de l’audition au Sénat sur l’ingérence russe dans les élections de 2016, Google a l’intention d’envoyer un de ses avocats, plutôt que, par exemple, le PDG Sundar Pichai.

C’est un contraste frappant avec Facebook et Twitter. Le directeur général de ce dernier, Jack Dorsey, sera là pour partager sa logique déformée, tandis que la directrice des opérations, Sheryl Sandberg, sera peut-être là pour noyer le poisson avec éloquence.

Pourquoi Google enverrait-il un avocat ?

Eh bien, les avocats aiment parler presque autant qu’ils aiment ne rien dire du tout pendant qu’ils s’expriment.

Mais c’est une position curieuse de la part de Google.

Voici une entreprise qui affirmait qu’elle ne ferait jamais le mal, une entreprise qui se targue d’être un modèle d’objectivité.

Pourtant, elle a peur d’envoyer son PDG parler objectivement à ses inférieurs sur le plan intellectuel.

Les sénateurs maîtrisent généralement la technologie comme ils le font de la vérité. Ils la tiennent à distance et se demandent pourquoi les gens pensent que c’est si important.

Assister à l’audience donnerait à Pichai une excellente tribune lui permettant d’expliquer patiemment le fonctionnement de Google et ses limites.

Après tout, Danny Sullivan, le nouveau responsable de la recherche de la société, a récemment expliqué à CNBC que s’il y avait une chose que Google n’était pas, c’était un « moteur de vérité. »

Je soupçonne beaucoup de sénateurs de penser que c’est au contraire le cas. Ou, du moins, beaucoup de leurs électeurs le pensent.

Pichai pourrait sûrement éclairer le comité sur toutes ces nuances. Il pourrait rappeler aux membres du Congrès que nos propres facultés critiques restent importantes lorsque nous recherchons des informations.

Il pourrait même se moquer de la façon dont le sens critique de nombreux sénateurs leur a cruellement fait défaut durant ces deux dernières années.

Je suppose, cependant, que Google réserve exclusivement ses plaisanteries au 1er avril.

Le reste du temps, l’entreprise espère que Facebook et Twitter resteront les enfants de prédilection pour ce qui a trait à la vilenie, le fiel et la ruse russe, tandis que Google continuera d’engloutir toujours plus d’informations et de les monétiser en échange de toujours plus de recettes publicitaires.

J’ai contacté Google pour lui demander s’ils avaient changé d’avis quant à sa participation au comité du Sénat et je ferais le point si une réponse me parvient.

Après tout, même les démocrates ne sont pas satisfaits de l’entreprise. Le sénateur démocrate Mark Warner a marmonné à CNBC : « Il y aura probablement une chaise vide. Et je pense qu’en envoyant simplement leur avocat, beaucoup plus de questions resteront sans réponse que s’ils avaient envoyé un cadre dirigeant. »

Ce qui nous amène à une triste conclusion : Google a peur de la vérité.

La firme craint que Pichai ne soit par inadvertance pris dans un interrogatoire animé qui nécessiterait une réponse parfaitement honnête. Les ingénieurs ont tendance à donner des réponses parfaitement honnêtes, parfois aux mauvais moments.

Ou, peut-être, a-t-elle peur que Pichai ne se comporte un peu comme le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, lors d’une précédente audience au Sénat en avril, où il avait donné l’impression de ne pas savoir comment fonctionnait son site.

Au lieu de cela, l’entreprise souhaite envoyer un juriste.

Parce que pour un avocat, le résultat parfait consiste à ce qu’absolument aucune inconfortable vérité n’émerge de ces discussions publiques.

Article « OK, Google. What are you afraid of? » traduit et adapté par Christophe Auffray, ZDNet.fr

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