Orange et Deutsche Telekom excluent Huawei de leurs réseaux 5G

La même semaine, Orange et Deutsche Telekom manifestent leur volonté d’exclure l’équipementier chinois Huawei de leurs projets 5G pour des questions de sécurité nationale. La parenthèse européenne semble se refermer pour le fournisseur qui ne ménageait pas ses efforts pour gagner des parts de marché dans le domaine des infrastructures.

Pour sa 5G, Orange se passera finalement de Huawei à indiqué en catimini Stéphane Richard. (Crédi D.R.)

Alors que Deutsche Telekom vient juste d’annoncer qu’il allait reconsidérer ses achats avec Huawei, Orange a indiqué en catimini qu’il se passerait des solutions de l’équipementier chinois pour le déploiement de son réseau 5G. L’opérateur français qui mène actuellement des tests 5G en Europe (Lille/Roubaix en France, et Gliwice en Pologne) travaille aujourd’hui avec les solutions d’Ericsson, Nokia et Huawei, et entend monter en puissance en 2019 avec 17 villes en Europe avant une commercialisation en 2020. L’agence Bloomberg a en effet indiqué hier, juste après l’événement Hello d’Orange, que l’opérateur français se passerait des solutions de Huawei pour déployer ses cœurs de réseau 5G tout en conservant une approche multifournisseurs. Sur les recommandations du MI6, British Telecom a aussi signifié qu’il entendait revoir ses relations avec Huawei.

Stéphane Richard, PDG d’Orange, a expliqué que l’opérateur français travaille avec les équipementiers européens Ericsson et Nokia sur les prochains systèmes 5G, et non Huawei. Interrogé sur le sujet, le service de presse d’Orange n’est pas encore revenu vers nous pour commenter cette information. Rappelons qu’Orange et Huawei avaient pourtant signé un partenariat en mars 2017 sur l’utilisation des technologies 5G du chinois. Alain Maloberti, directeur d’Orange Labs Networks, expliquait dans un communiqué de presse : « Il est essentiel pour Orange de préparer l’évolution du réseau de la 4G à la 5G. Nous sommes ravis de collaborer avec Huawei sur des défis technologiques qui rendront possibles les usages futurs de la réalité augmentée et virtuelle, et amélioreront la performance de notre réseau mobile, dans le sens d’une très faible latence et d’un débit encore plus élevé, là où ça compte pour nos clients en Europe et en Afrique. » Quelques mois après, le vent semble avoir tourné suite à l’appel des Etats-Unis a boycotté les solutions des équipementiers Huawei et ZTE pour des raisons de sécurité. Interrogé sur le sujet, le service de presse de Huawei France n’est pas revenu vers nous avant la publication de cet article.

Exclus de facto du marché nord-américain, les deux chinois concentrent depuis plusieurs mois leurs efforts marketing et commerciaux en Europe et en Afrique. En Asie, l’opérateur japonais Softbank a également annoncé qu’il n’utiliserait pas Huawei pour des raisons de sécurité. Rappelons pour finir que Huawei fournit à Orange, Deutsche Telekom et Telefonica sa plateforme reposant sur la technologie Open Stack pour leur permettre de proposer à moindre coûts un cloud public. Un tel partenariat, est-il encore possible alors que les solutions télécoms du chinois sont mises à l’index ?  

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