Orange se lance dans la course à l'Internet des Objets

Bientôt, votre montre connectée vous avertira que le chat de votre cousine vient de fuguer. Peut-être ne pourrez vous rien y faire. Mais vous le saurez.  » Nous utilisons pour cela l’objet connecté Pops que nous intégrons sur un collier  » détaille Mathieu Chollon, le fondateur de Yummypets. Le collier avertit ainsi le maître de l’animal, et potentiellement l’ensemble de ces contacts, quand l’animal sort de sa « zone de sécurité « . Yummypets est l’un des exemples choisi par Orange Business Services pour dévoiler son offre IoT.

 

Les leviers et obstacles à la croissance du secteur des objets connectés. (Source : Orange Business Services)

Un exemple bienvenu, car face aux à l‘avalanche d’annonces des Sigfox et autres Bouygues Telecom dans le domaine de l’Internet des Objet, Orange Business Services semblait fort discret ces derniers mois. Un silence qui cachait en réalité un plan de bataille rendu aujourd’hui public avec deux offres à destination des entreprises, réunies sous une ombrelle portant le nom de Datavenue.

 

Les quatre briques de l’offre  Live Objects d’OBS (Source : OBS)

La première offre développée par Orange se nomme Live Objects. Elle propose aux clients de développer tout un écosystème d’objets connectés en faisant appel à l’expertise d’OBS sur les verticaux métiers (la brique nommée ‘Select’), la connectivité et le diagnostic réseau / appareils connectés en 2G, 4G, ou LPWA en fonction des besoins (brique ‘Connect’), la capacité à gérer les flottes d’objets connectés hétérogènes (brique ‘Manage’) et enfin le contrôle de l’ensemble de l’architecture (brique ‘Control’). Sur ce point,  » la mise en scène de l’ensemble des données connectées constitue un vrai challenge » assure Thierry Bonhomme, le directeur exécutif d’OBS. Fabriquer l’interface qui permet la remontée et l’analyse des données utile aux clients sera donc un élément capital de la réussite du projet.

Live Objects et Flexible Data

Live Objects va tirer parti du réseau IoT d’OBS, déployé dès le début 2016 et récemment annoncé, mêlant les protocoles 2G, 4G (en 2017) et Low Power Wide Area (LPWA). 17 agglomération seront rapidement couvertes, en s’appuyant sur les infrastructures existantes d’Orange.  » Ces technologies sont là pour vivre ensemble  » assure Mari-Noëlle Jégo-Laveissière, vice-présidente, Innovation, Marketing et Technologies chez OBS.

OBS propose également un kit de développement IoT basé sur le protocole de communication LoRa.  » Avec cet outil, vous pouvez développer des objets connectés en utilisant des capteurs génériques ou vos propres capteurs métiers. C’est un véritable kit de connexion clé en main » affirme Mari-Noëlle Jégo-Laveissière. De quoi imaginer des scénarios business multiples, qui va bien sûr au delà des chiens et des chats.  » Un syndic d’immeuble pourra par exemple mettre en place des détecteurs de fumée connectés de manière à prévenir les accidents  » assure la vice-présidente innovation d’OBS.

 » Nous industrialisons le parcours digital de nos clients « 

 » Nous industrialisons le parcours digital de nos clients  » affirme Thierry Bonhomme, le directeur exécutif d’OBS. OBS mentionne déjà travailler avec un constructeur de grue de chantiers. Des capteurs positionnés sur ces énormes objets permettent à la fois de s’assurer des conditions de sécurité (capteur de vitesse de vent par exemple) mais aussi de les géolocaliser. Car aussi étrange que cela puisse paraître, les grues de chantier elles aussi se volent ! Dans le domaine du retail, OBS affirme également travailler avec un acteur français majeur sur des problématiques de réassort en magasin.

La seconde offre se nomme Flexible Data. Intrinsèquement liée à l’IoT, il s’agit ici de fournir aux clients d’OBS une plateforme d’analyse Big Data des données produites par les objets connectés. OBS insiste sur le caractère ‘souverain’ de sa plateforme, réalisée avec Cloudwatt pour l’architecture de stockage et de calcul. Côté analyse, OBS a tissé des partenariats avec Splunk (entrepôt de données multi-sources) et PredicSis. OBS met également en avant la constitution de son outil Flux Vision, qui peut fournir des éléments d’historisation des flux de population sur la base de donnees anonymisées. Il s’agit là d’un des outils disponible sur le marketplace d’OBS dédié à l’analyse de données.

L’exemple de TF1 Publicité et du Big Data

« La data nous permet de mieux connaître nos téléspectateurs et l’impact des campagnes » affirme Fabrice Mollier, le DGA de TF1 Publicité, client d’OBS. Avec 50 minutes de temps d’audience moyen par jour pour 30 millions de français, l’entreprise tente de développer des offres et des services pour les clients publicitaires au delà de son canal digital.

« Nous modélisons les parcours clients en nous appuyant que les diffusions de spot télé, l’achat en magasin, les données de la météo, et bientôt la présence en magasin de nos téléspectateurs grâce à des bornes » détaille Fabrice Mollier. Concrètement, TF1 travaille désormais sur des GRP (Gross Rating Point ou Point de couverture brute) par produit, tel le shampooing ou les biscuits. Un indicateur qui permet ensuite de créer des modèles en corrélant ces données avec les sorties de caisse. De quoi prouver de manière plus fine le ROI d’un investissement publicitaire à base.

Une politique tarifaire encore floue

Côté prix, rien n’est encore décidé (ou communicable) chez Orange Business services.  » On est en phase de construction, et tout va dépendre des fonctions embarquées sur les objets connectés  » mentionne Thierry Bonhomme, le directeur exécutif d’OBS.  » La géolocalisation, c’est 5 à 10 fois plus cher que le fait de savoir si un objet connecté foncitonne ou pas  » détaille t-il, mentionnant au passage que c’est bien sur la partie service que la valeur va être créée, le coût des communication étant faible. A ce titre, OBS précise que les games de prix seront proches de ce qui se pratique pour le cellulaire.