Penurie IPv4 : Free rationne les adresses IP pour ses abonnés

Les adresses IPv4 coûtent cher : nous vous parlions la semaine dernière des manœuvres peu orthodoxes des LIR pour tenter de s’accaparer les derniers blocs d’adresses proposés par le RIPE NCC, mais la pénurie d’adresse IPv4 risque d’avoir également des conséquences pour les clients de Free. Le FAI a en effet mis en place un plan destiné aux clients fibre de zones moyennement denses et visant à attribuer une adresse IPv4 pour 4 clients, en divisant celle-ci selon les ports utilisés.

L’information a tout d’abord été publiée sur le forum LaFibre.info, confirmée par la suite par le CTO de Free. La technique employée permet d’attribuer une même adresse IPv4 à quatre utilisateurs, en différenciant ceux-ci via les ports attribués. Chaque utilisateur se voit ainsi attribuer un quart des ports disponibles (au total, 65536 ports sont proposés par adresse IP).

La méthode, baptisée A+P, vient offrir une alternative au Carrier Grade NAT, une autre technique expérimentée par certains opérateurs pour faire face à la pénurie d’adresse IPv4. Dans l’esprit, le Carrier Grade NAT se situe dans une logique similaire à celle mise en place par Free mais la solution retenue par l’opérateur permet de pallier certains effets indésirables de cette méthode, notamment sur l’utilisation d’outils de P2P.

Après tout, les internautes sont partageurs

L’autre particularité de cette méthode reste que l’identification de l’utilisateur par de nombreux services s’appuie principalement sur l’adresse IP, sans différencier les ports utilisés par celui-ci. Comme le remarque NextInpact, la mise en place de ce système risque de poser problème à la Hadopi, qui ne peut légalement pas transmettre les informations liées au port d’un utilisateur flashé par des ayants droit au FAI. Mais plus prosaïquement, on peut s’inquiéter de l’effet d’un ban IP sur un site ou service web : celui-ci affecterait alors les quatre utilisateurs de la même adresse IP.

Outre cet aspect, la méthode risque de se révéler handicapante pour les utilisateurs qui souhaitent par exemple héberger un serveur web chez eux : sans accès au port 80, la mise en place risque d’être assez complexe. Mais pour des usages grand public, notamment la consultation de sites web, le déploiement de cet outil sera invisible et permettra à l’opérateur de libérer des adresses IP fixes pour les utilisateurs en ayant vraiment besoin. Une idée plutôt maline donc…

Free garantit d’ailleurs sur le forum LaFibre.info, par la voix de son CTO, une option permettant à un utilisateur de demander « une vraie IP fixe. » La demande sera gratuite, mais l’opérateur envisage de faire payer les utilisateurs qui demanderaient à disposer de plusieurs adresses IPv4.

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