Quand migrer vers Windows 10 ?

La question de migrer à Windows 10 ne semble plus se poser. La fin du support de Windows 7 pour 2020 (dans à peine quatre ans) et le bon accueil public du nouvel OS de Microsoft ont – semble-t-il – réglé le débat. Reste celui du timing pour les professionnels.

Car, comme le note Gartner dans une récente note, la maturité de Windows 10 et de tout l’écosystème (constructeur, éditeurs, prestataires) n’est pas encore optimale.

Quand faut-il migrer à Windows 10, donc ? « Ça dépend », répond en substance le cabinet d’analyses.

Dès 2016 ? Attention !

Premier facteur à prendre en compte, la nécessité (impérieuse ou pas) d’avoir les nouvelles fonctionnalités professionnelles de Windows. Les plus attirantes sont incontestablement celles pour la sécurité (Device Guard et Windows Hello). Si c’est le cas de votre société, une migration rapide est à envisager.

Autre scénario, si un parc de PC arrive à renouvellement, l’option Windows 10 est plus qu’appropriée. Passer par le cas Windows 8 n’aurait que peu de sens.

Quelques bémols cependant. Pour Gartner, même dans ces cas de figure, les décideurs IT doivent rester prudents. Le nouveau modèle de mises à jour dans la « Current Branch » – et dans sa déclinaison professionnelle « Current Branch for Business », alias CBB (avec des release plus régulières tous les 4 à 6 mois) – rend l’OS plus réactifs… mais aussi plus difficile à suivre pour les éditeurs et les entreprises. Or migrer aujourd’hui reviendrait encore à essuyer les plâtres.

Un bon compromis pour les entreprises « offensives » – celles qui veulent avoir Windows 10 avant les autres – est une migration à partir du deuxième semestre 2016.

Les autres (les « conservateurs ») pourront attendre 2017 pour sauter le pas. Ce qui ne signifie pas pour autant que la préparation ne doit pas se faire dès cette année. Au contraire, « Windows 10 constitue une migration inévitable et figurera en tête des priorités de tous les responsables de l’informatique de l’utilisateur final à partir de 2016 ».

Ou en 2017 ? Pour le plus grand nombre

Ceci dit plusieurs facteurs incitent à la prudence. Celui évoqué ci-dessus, directement lié à l’OS. Et ceux liés à l’écosystème.

Les constructeurs n’ont pas encore sorti de terminaux qui exploitent totalement Windows 10 (même si celui-ci tourne sur des machines actuelles sans problèmes). Par exemple, Device Guard et Windows Hello demandent du hardware spécifique.

Les éditeurs n’ont pas encore tous certifié leurs applications « critiques » – et pour cause, l’OS est encore peu mature et en pleine évolution.

Quant aux intégrateurs, consultants et revendeurs « ils commencent tout juste à développer leurs compétences vis- à-vis du nouveau système d’exploitation ; il faudra probablement attendre jusqu’à la moitié ou la fin de 2016 avant que la plupart n’aient de solides capacités dans ce domaine », écrit Stephen Kleynhans, analyste chez Gartner.

Bref, les « conservateurs » attendront avantageusement 2017. D’ici là, « contactez vos fabricants de matériel, éditeurs de logiciels et prestataires de services partenaires pour comprendre leur intention et leur capacité à prendre en charge Windows 10, aussi bien initialement qu’en continu », recommande l’analyste.

Un mix de « conservateur » et « d’offensif » est également possible avec une migration en plusieurs temps dans le cas de besoins « ciblés ». La migration peut alors se faire par usages différentiés (des opérationnels qui ont besoin d’une tablette peuvent tester en avance de phase) ou en fonction de l’usure d’une partie du parc existant.

Ce scénario « ciblé » a un double avantage. Le support y est moins exclusif. « Les entreprises ayant des impératifs ciblés n’ont pas forcément besoin d’attendre un support étendu, uniquement les applications et outils tiers directement essentiels au projet spécifique », constate Stephen Kleynhans. Et un échec ou des bugs permettent de mieux apprendre, sans pour attendre paralyser l’entreprise dans son ensemble.

En tout cas avant 2019… et en se préparant dès aujourd’hui

Point intéressant qui plaide pour une préparation bien en amont, la pression populaire pour Windows10 (la fameuse consumérisation de l’IT) va certainement mettre à mal les projets de migrations qui attendent un renouvellement du hardware si celui-ci est encore jeune. Autrement dit, les utilisateurs n’attendront pas qu’on leur change leurs appareils pour passer au nouvel OS.

Résultat, « cette situation crée une complication supplémentaire des tests qui doit être prise en compte dans l’échéancier ».

En tout état de cause, pour Gartner, Windows 10 est devenu inévitable. Même si les déploiements massifs ne sont pas attendus avant 2017, il faut commencer à se préparer pour la nouvelle plate-forme dès aujourd’hui.

« Cette attitude encouragera une compréhension plus approfondie du nouveau système d’exploitation […] et elle offrira également aux entreprises l’opportunité d’apporter des ajustements dans d’autres parties de leur environnement (mise à jour des applications d’entreprise et projets de mobilité) pour mieux s’aligner sur Windows 10 ».

Le temps ne sera en effet pas trop long pour familiariser en interne l’IT, sonder ses prestataires et ses fournisseurs informatiques, et beta-tester des déploiements.