Qui est le champion du Software Defined Storage

Leader incontesté du monde Linux, Red Hat est aussi un champion visiblement plus confidentiel dans le domaine du Software Defined Storage ou SDS malgré une gamme unique. Et si Red Hat envisageait vraiment un effort pour pousser ses solutions de stockage, ce marché n’aurait plus le même visage…

Le siège de Red Hat à Raleigh, en Caroline du Nord.

Red Hat a contribué au succès de Linux pour les entreprises, les opérateurs ou autres acteurs clouds. Cette adoption a aussi forcé la société à effectuer des acquisitions pour compléter et accélérer son approche du stockage et ne plus se satisfaire d’une couche d’environnement opérationnel ou d’apports extérieurs. Veritas Software, véritable modèle pour l’ensemble de l’industrie du stockage et notamment logicielle avec Veritas Volume Manager (VxVM) et Veritas File System (VxFS) sortie en 1991, a inspiré Red Hat. Ainsi Sistina, son gestionnaire de volumes disques et son système de fichiers global sont tombés dans l’escarcelle du géant du monde libre en 2003 pour 31M$. De son côté, Veritas a aussi rendu disponible par la suite VxFS et VxVM sous la distribution Red Hat Enterpise Linux.

De belles acquisitions

Ensuite en 2011, Red Hat avale Gluster pour 138M$ et se rapproche d’une base installée colossale adepte de GlusterFS, c’était il y a déjà 7 ans. Plus récemment en 2014, c’est au tour de Ceph et Inktank pour 175M$ pour faire face à l’explosion du cloud et des volumes de données au cœur des data centers. Ces deux acquisitions se justifient également par les communautés utilisateurs qui valorisent les sociétés cibles et accentuent la position de leader de Red Hat.

La dernière acquisition, beaucoup plus confidentielle, est celle de CohortFS acquise en 2015 pour son expertise du monde distribué, de parallel NFS (pNFS), de Ceph, de Ganesha NFS et en terme de passerelle de stockage objet.

SociétéAnnéeMontant
Sistina200331M$
Gluster2011138M$
Inktank/Ceph2014175M$
CohortFS2015–                      

 

Tableau récapitulatif des acquisitions Red Hat en stockage

Une belle histoire

Inventé en 1993 par Silicon Graphics pour remplacer efs (extent file system), IRIX 5.3 introduit XFS (eXtended File System) et devient, avec VxFS, une nouvelle référence des systèmes de fichiers. Placé en open source en mai 2000 sous la licence GNU GPL, XFS est intégré au noyau Linux en 2001 et est depuis Red Hat Enterprise Linux et CentOS 7.0 le système de fichiers par défaut.

Pourtant une exception existe avec ZFS, que certains baptisent de Zettabyte File System, originellement développé par Sun Microsystems à partir de 2001 et ensuite forké sous licence CCDL pour sa mouture OpenZFS. ZFS, l’un des plus complets systèmes de fichiers du marché doté par exemple d’un gestionnaire de volumes, n’a pas eu la vie et l’adoption de XFS par Red Hat malgré des caractéristiques fondamentales comme un adressage sur 128 bits, la protection contre les corruptions silencieuses, la compression, le chiffrement, la déduplication ou le copy-on-write pour ne citer que quelques fonctionnalités.

Le rôle de Linux dans l’industrie

Et puis il faut aussi considérer le rôle de Linux dans l’IT qui a permis l’apparition de nouveaux acteurs de toutes tailles, cloud y compris, qui ont proposé et développé des services noyaux auparavant impossible ou très chers sous Unix, d’où la présence de fonctions et services applicatifs sous ce dernier. Créer une société pour le monde Unix et lever des fonds pour finalement payer des royalties et des licences, le modèle trouve très vite ses limites. L’Open Source et Linux ont sonné le glas de cette approche impossible et ouvert la porte à plusieurs générations de sociétés offrant une nouvelle approche basée sur des standards, cela existait aussi sous Unix, mais la dimension fut tout autre. Les fabricants de serveurs fournissait un OS Unix mais à part SCO, on se souvient aussi de Xenix et UnixWare, il ne me semble pas qu’un éditeur indépendant type Red Hat existait, en tout cas pas de cette taille puisque le géant de Raleigh a réalisé 2.9Mds $ en 2017.

OpenShift, l’un des produits phares de Red Hat, devenu un incontournable de la gestion du cycle de vie applicatif en mode container pour les environnements cloud ou on-premises pour des approches traditionnelles ou de philosophie cloud. Le produit est très étroitement intégré à Kubernetes, l’autre composant indispensable et standard de l’orchestration applicative. Linux a donc permis l’émergence d’éditeur d’OS, de services noyaux et notamment de réseau et de stockage et finalement d’un pan important du marché mondial de l’IT. Pour le stockage, Linux a apporté la possibilité de « faire du stockage avec des serveurs » et ainsi transformer un rack de machines en serveurs de stockage évolutifs, performants et résilients.

Pléthore d’acteurs

On liste de l’ordre de 120 acteurs SDS groupant les acteurs fichiers, blocs, objets, passerelle cloud ou HCI. Red Hat présent sur plusieurs de ces segment se voient défier par quelques acteurs intéressants comme Minio ou Cloudian pour le stockage objet, Qumulo, Compuverde ou Rozo Systems pour la partie fichier, historiquement DataCore ou plus récemment Datera, E8 ou StorONE pour le mode bloc et n’oublions pas Hedvig pour le le SDS multi-protocole. Au-delà de ces acteurs récents, de petites tailles, mais très actifs citons les grands comme NetApp, IBM, Dell EMC, DDN ou Veritas Software bien établis sur le marché avec un effet de gamme certain.

Grâce à ces acquisitions en stockage, au rôle de Linux et aux différentes initiatives menées par Red Hat, l’éditeur est aujourd’hui devenu une véritable locomotive du SDS, position unique dans l’industrie du stockage. 

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