Qwant veut monter en puissance avec Microsoft

Le moteur de recherche français Qwant passe sous Azure. La partenariat avec Microsoft doit permettre à Qwant, qui se positionne aux antipodes de Google en matière de respect de la vie privée, de monter en puissance côté expérience utilisateur. Et de s’ouvrir de nouveaux marchés au niveau européen.

“Qwant reste maître de sa technologie, y compris son algorithme, son index et son infrastructure client, sans collecte de données personnelles, pour mieux sécuriser le respect de la vie privée de ses utilisateurs et la confidentialité de leurs recherches” mentionne un communiqué de Qwant. “Microsoft, de son côté, met à la disposition de Qwant, qui a toujours fait le choix d’une infrastructure européenne et en complément de ses propres technologies, la puissance de calcul additionnelle de son cloud Azure pour répondre aux besoins croissants du marché européen.”
 
Reste que le moteur de recherche utilise les services Microsoft Advertising et les recherches algorithmiques de Bing pour compléter les résultats de ses propres requêtes. Et le moteur de recherche d’images est lui aussi fourni par Microsoft.

« Qwant fera partie des options préremplies dans les prochaines versions du navigateur Edge » peut on aussi lire dans le communiqué.

« Nous avons, avec Qwant, la conviction partagée que le respect de la vie privée constitue un droit fondamental des citoyens. C’est tout le sens de ce partenariat qui vise à faire de Qwant un moteur de recherche référent au niveau européen, grâce à une expérience de recherche sur Internet inédite» » assure de son côté Jean-Philippe Courtois, de Microsoft.

Mise à jour le 20/05 à 17h :

Les questions soulevées par ce partenariat ont été nombreuses, tellement nombreuses que c’est ce qui a poussé Tristan Nitot, «  Vice-Président Advocacy » chez Qwant, à revenir dans un post de blog sur ce partenariat.

Tout d’abord, Nitot entend replacer les annonces dans leur contexte : Qwant connaît une croissance importante, et souhaite améliorer la qualité de ses résultats. Ses besoins en termes d’infrastructure vont donc croissant, ce qui laisse la jeune pousse française face à un choix : « acheter des serveurs (ce qu’on a fait jusqu’à présent) ou en louer à des professionnels du Cloud. » Qwant a donc choisi de faire les deux : continuer d’utiliser et de développer son infrastructure en propre, tout en ayant recours aux services de Microsoft pour disposer de la puissance de calcul nécessaire à son développement.

Tristan Nitot précise aussi le périmètre exact des opérations qui seront confiées aux machines d’Azure : il s’agira de l’indexation des pages, une étape importante du travail du moteur de recherche, mais qui ne s’appuie que sur des données de pages web répertoriées par Qwant au préalable. « Comme un index dans un livre, qui recense à quelle page on trouve quel mot ou quel concept. Super gourmand en calcul, vu qu’on travaille sur des dizaines de milliards de pages Web ! On notera que les données manipulées ne sont pas liées à l’utilisateur vu que ce sont des pages Web qui sont publiques » explique Nitot sur son blog, rappelant au passage que les activités utilisant des données personnelles d’utilisateurs resteront elle sur les serveurs de Qwant. Qwant conservera également des capacités d’indexations sur sa propre infrastructure, afin de « ne pas être trop dépendant d’un fournisseur, quel qu’il soit. »

Reste la question du choix d’Azure, qui pourrait surprendre : on aurait en effet pu s’attendre à ce que Qwant se tourne vers OVH, acteur majeur du cloud en Europe, pour subvenir à ses besoins. Sur cette question, ce sont les critères purement techniques qui ont guidé le choix du moteur de recherche : « Nous avons tout d’abord essayé de travailler avec d’autres acteurs français et européens, mais Microsoft, avec son Cloud Azure, nous permet de faire des calculs de type FPGA et supporte aussi Kubernetes, ce qui est important pour nous et n’est pas encore suffisamment au point chez d’autres acteurs » explique Tristan Nitot.

Sur Twitter, Octave Klaba reste d’ailleurs beau joueur et reconnaît qu’OVH a encore du chemin à parcourir avant de pouvoir rivaliser avec les géants américains du cloud sur ce type de marché. Mais le dirigeant d’OVH ne s’avoue pas vaincu : « Il y a tellement de trucs à sortir. On vise 20 ans. Sur 20 ans, tout le monde finira un jour chez nous » avance Octave Klaba. En attendant, c’est Microsoft qui décroche le contrat.

En novembre dernier la ville de Paris annonçait avoir décidé de passer comme moteur de recherche par défaut de Google à Qwant.

Go to Source


bouton-devis