Rackspace se vend au fonds Apollo pour 4,3 Md$

Taylor Rhodes, CEO de Rackspace, estime que le fonds Apollo a su donner aux sociétés qu'il a déjà rachetées la flexibilité pour mener une stratégie à long terme. (crédit : D.R.)

Taylor Rhodes, CEO de Rackspace, estime que le fonds Apollo a su donner aux sociétés qu’il a déjà rachetées la flexibilité pour mener une stratégie à long terme. (crédit : D.R.)

L’hébergeur Rackspace, fondé en 1998 au Texas et co-créateur avec la Nasa de la pile cloud OpenStack, vient d’être racheté par la firme d’investissement privée Apollo Global Management pour 4,3 Md$. Très engagé sur l’hébergement de clouds managés, il affronte la rude concurrence des grands acteurs du cloud public. Sortir de la bourse devrait lui procurer l’ombre dont il a besoin pour faire évoluer ses activités.

Passer entre les mains d’un fonds privé semble trouver les faveurs de plus en plus de fournisseurs de technologies ces derniers temps. Outre-Atlantique, plusieurs d’entre eux ont récemment fait ce choix, Dell étant le plus notable, parmi d’autres comme Qlik, Marketo, Tibco, InformaticaCompuware ou Riverbed, et jusqu’en France avec le rachat de Cegid par deux fonds anglo-saxons. Cette fois, c’est l’hébergeur et fournisseur de services cloud Rackspace, co-créateur de l’infrastructure OpenStack, qui décide de devenir privé en rejoignant la firme d’investissement Apollo Global Management pour 4,3 milliards de dollars. La transaction conclue offre aux actionnaires 32 $ par action. Ce faisant, le groupe créé en 1998 à San Antonio (Texas) va sortir de la bourse, ce qui, pour une société jusque-là soumise au dictat des résultats trimestriels, apporte une discrétion qui lui laissera désormais les coudées plus franches pour conduire sa stratégie. Or, Rackspace évolue sur un marché cloud extrêmement compétitif sur lequel Amazon Web Services, Microsoft, IBM et Google trustent les premières places.

Effectivement, Graham Weston, président de Rackspace, explique que cette transaction va fournir à la société qu’il a co-fondée « davantage de flexibilité pour gérer ses activités pour assurer une croissance à long terme et étendre notre offre produits ». Une explication relayée par le CEO Taylor Rhodes, autre co-fondateur, dans un billet. « Cela nous permettra (…) d’étendre nos services multi-cloud demandés aujourd’hui par les clients et de saisir l’opportunité importante à laquelle nous sommes confrontés en tant que numéro 1 du cloud managé », indique-t-il. L’acquisition par Apollo Global Management, approuvée à l’unanimité par le conseil d’administration, devrait être réalisée au quatrième trimestre. Cet été, Apollo avait déjà fait parler de lui à l’occasion d’une rumeur qui le disait intéressé par une acquisition de Hewlett Packard Enterprise, avec deux autres fonds, KKR et Carlyle Group.

Des partenariats avec Amazon et Microsoft qui n’ont pas suffi

Au départ hébergeur, Rackspace a par la suite étendu son offre dans les services cloud, affrontant alors la forte concurrence des grands acteurs du cloud public, ces derniers étant capables de tirer les coûts vers le bas sur l’ensemble de leurs services cloud. Pour maintenir le cap, Rackspace est allé jusqu’à nouer des partenariats avec ces rivaux en proposant aux entreprises de les aider à migrer leurs systèmes informatiques vers les datacenters d’Amazon et de Microsoft. L’objectif, en s’intégrant avec les solutions d’autres fournisseurs, consistait pour Rackspace à proposer à ses clients un contrôle plus granulaire sur leurs applications dans le cloud. Mais cela n’a apparemment pas suffi.

Pour Ezra Gottheil, analyste du cabinet Technology Business Research, l’hébergeur texan rencontre « des difficultés à se constituer une base client sur les nouveaux business models. Il s’interface entre ses clients et les clouds publics. Je pense qu’ils ont réalisé leur transition sur ce qu’ils proposent, mais qu’ils n’ont pas encore construit leur base clients ». La transition a d’ailleurs été un peu difficile, notamment courant 2015, ce qui s’est traduit alors par une baisse de l’action du fournisseur texan. « Rackspace est un acteur cloud solide, mais la compétition dans le cloud public s’est accrue de façon radicale ces dernières années », confirme lui aussi Dan Olds, analyste du cabinet OrionX en pointant un nombre plus important de concurrents et une lutte sur les prix. En devenant privé, ce sera plus facile pour Rackspace d’opérer les changements dont il a besoin.

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