RGPD : Facebook sanctionné par les autorités allemandes

Les autorités allemandes haussent le ton à l’encontre de Facebook. L’Autorité de la concurrence allemande a ainsi ordonné au réseau social de restreindre considérablement la façon dont elle recueille et combine les données personnelles concernant ses utilisateurs, à moins que ces derniers n’y consentent explicitement. Une nouvelle pierre dans le jardin du réseau social présidé par Mark Zuckerberg qui fait l’objet de toutes les attentions après l’entrée en application du RGPD au mois de mai dernier.

 

Dans sa décision, le régulateur allemand a indiqué avoir sanctionné Facebook pour avoir recueilli des données auprès de sources tierces et par le biais d’autres applications détenues par le groupe de Mark Zuckerberg, y compris Instagram et Whatsapp. « Dans le futur, Facebook ne sera plus autorisé à forcer ses utilisateurs à accepter la collecte et l’attribution pratiquement sans restriction de données non issues Facebook à leurs comptes d’utilisateur Facebook. La combinaison des sources de données a largement contribué au fait que Facebook a été en mesure de créer une base de données unique pour chaque utilisateur individuel et d’acquérir ainsi un pouvoir de marché. À l’avenir, les consommateurs pourront empêcher Facebook de collecter et d’utiliser leurs données sans restriction », a fait savoir Andreas Mundt, le président de la Bundeskartellamt, le gendarme de la concurrence allemand, pour justifier sa décision.

En cas de condamnation, l’entreprise doit développer des solutions techniques pour s’assurer de sa conformité dans un délai de quatre mois. Si elle refusait de le faire, elle pourrait en théorie se voir infliger une amende pouvant aller jusqu’à 10 % de ses revenus annuels, ce qui pourrait représenter une somme équivalente à environ 4 milliards d’euros (si l’on se réfère aux revenus annuels généré par le réseau social en 2017, à savoir 40,7 milliards de dollars, soit environ 35,9 milliards d’euros).

La décision devrait quoi qu’il en soit avoir une incidence sur l’utilisation par la société des boutons « J’aime » et « Partager » adjoints aux sites tiers,qui permettent à Facebook de suivre l’adresse IP (protocole Internet) de chaque visiteur, le nom et la version du navigateur Web et d’autres détails pouvant être utilisés pour les identifier. Elle pourrait également avoir des conséquences sur le projet mis en place par Facebook pour unifier les messageries de ses applications Facebook Messenger, Instagram et Whatsapp.

Facebook fait appel et se défend

Si la firme américaine a d’ores et déjà annoncé qu’elle ferait appel de la décision du régulateur allemand, sa direction a également tenue à se défendre sur son blog d’entreprise, en invoquant le traitement selon elle inégalitaire qui lui est appliqué par l’Autorité de régulation allemande. « Chaque jour, les gens interagissent avec des entreprises qui se connectent et utilisent les données de la même manière. Et tout cela devrait être – et est – un domaine d’intérêt légitime pour les régulateurs et les décideurs politiques du monde entier. Pourtant, le Bundeskartellamt tente de mettre en œuvre une norme non conventionnelle pour une seule entreprise », a-t-elle fait savoir.

Si Facebook ne dément pas avoir croisé les données de ses utilisateurs, le réseau social soulève également un autre point de défense : l’illégitimité des Autorités de la concurrence européenne à agir pour faire respecter le RGPD. « Le RGPD habilite spécifiquement les régulateurs de la protection des données – et non les autorités de la concurrence – à déterminer si les entreprises assument leurs responsabilités », a ainsi fait savoir la direction de Facebook.

Mais le réseau social ne s’arrète pas là et invoque également les différents outils développés en interne pour mieux protéger les données de ses utilisateurs « Nous avons introduit de nouvelles expériences de confidentialité améliorées pour tout le monde sur Facebook, notamment en demandant à tous les internautes du monde entier de faire des choix sur les publicités qu’ils voient et plus encore. Nous introduirons bientôt Clear History, un outil où vous pourrez voir les informations que nous recevons des sites Web et des services qui utilisent nos outils commerciaux et les dissocier de votre compte. Le Bundeskartellamt a négligé la manière dont Facebook traite les données et les mesures que nous prenons pour nous conformer au RGPD », a indiqué le géant américain, annonçant de fait le lancement prochain de Clear History, son outil annoncé en mai dernier.

Celui-ci vise à redonner le contrôle aux utilisateurs sur les informations reçues et utilisées par le réseau social, en leur permettant de savoir quels sites et applications ont accès à leurs données et envoient des informations à Facebook et de les supprimer le cas échéant, en empêchant le réseau social de stocker ces données à l’avenir.

Pour rappel, Facebook lancera également, à partir du 28 février prochain, un nouveau bouton sur sa platerforme intitulé Pourquoi je vois cela, qui a pour but de permettre à ses utilisateurs de savoir quels annonceurs ont payé les annonces, pourquoi celles-ci vous sont-elles adressées, mais également de savoir si et quand vos coordonnées personnelles (qui comprennent les téléphones et les mails) ont été téléchargées et si elles ont été partagées.

Go to Source


bouton-devis