SAIP : le gouvernement arrête les frais

SAIP, l’application commandée par le gouvernement en 2016 pour alerter les populations en cas d’incident grave, vit ses dernières heures. Comme le rapporte RTL, le gouvernement aurait en effet décidé de mettre fin à l’activité de cette application à partir du 1er juin prochain.

SAIP avait été mis en place en 2016 à l’occasion de l’Euro de football et se présentait comme une application native pour iOS ou Android, disponibles sur les différents App Store des constructeurs. Développée par la société DeveryWare, cette application avait été présentée comme un canal innovant afin d’informer rapidement les populations en cas d’attaque. Mais elle n’avait pas particulièrement brillé par son efficacité.

 

Il faut dire que sur deux années d’activité, l’application l’’application s’était notamment illustrée par ses ratés : de nombreux utilisateurs s’inquiétaient de ne pas être prévenus lors d’attaque terroriste dans les environs, d’être prévenus en retard, ou pire encore, d’être informés d’une attaque alors que rien ne se passait.

Ces différents ratés ont notamment consigné par le sénateur Jean Pierre Vogel, qui avait écrit un rapport particulièrement critique à l’égard de l’application. Il avait notamment révélé que plus d’un an après son lancement, l’application n’était utilisée que par 500.000 personnes, un chiffre risible au vu de l’audience ciblée par l’application et au vu de son coût : 5 millions d’euros.

Selon RTL, le gouvernement semble donc avoir souhaité arrêter les frais. Des solutions alternatives seront mises en place, reposant sur des accords passés avec les grands acteurs des réseaux sociaux. Ironie de l’Histoire, SAIP avait été développé pour justement contourner ces acteurs.

RTL explique ainsi qu’un compte spécial sera mis en place sur Twitter afin d’être informé des alertes tandis que Facebook permettra au gouvernement français d’activer le dispositif SafetyCheck en cas de besoin. Enfin, Google relaiera également les messages d’alerte afin d’informer les utilisateurs en cas d’attaque.

Le gouvernement laisse donc de côté la pleine maîtrise des moyens de communication et préfère s’appuyer sur les acteurs étrangers pour s’assurer que les citoyens sont prévenus à temps. Ce qui pose question. D’autres alternatives existent pourtant, éprouvées et maîtrisées par les opérateurs nationaux, comme l’alerte SMS, bien plus facile d’accès pour tous les mobinautes. Mais le gouvernement préfère visiblement miser sur la force de frappe des GAFA.

D’ailleurs, le sénateur Vogel abonde dans ce sens : il estime qu’il aurait été préférable de conserver, en plus des réseaux sociaux, un moyen d’alerte et d’information des populations par smartphone dont l’État aurait eu la pleine maîtrise, à l’image de la technologie Cell Broadcast.

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