SALTO ambitionne de devenir le Netflix français, le choix d’Amazon questionne

Mieux vaut tard que jamais diront les optimistes. Huit ans après l’essai mySkreen, quatre ans après l’arrivée de Netflix en France, deux ans après le lancement de Molotov, l’audiovisuel français lance enfin son offensive OTT contre le géant américain. Son nom, SALTO.

 

L’initiative est lancée par les groupes France Télévisions, TF1 et M6 (qui vont créer une société à part égales) et sera accessible depuis un ordinateur, un smartphone et sur certains téléviseurs. Tout comme ses concurrents, il sera proposé sur abonnement et « permettra de retrouver tous les meilleurs programmes de télévision (le direct et le rattrapage), mais aussi de découvrir des programmes inédits », indique le communiqué des trois entreprises.

SALTO « proposera plusieurs formules d’abonnement pour tenir compte des besoins de chacun » et « s’articulera de la meilleure manière avec les plateformes gratuites existantes : MYTF1, 6Play et France.tv ». La date de lancement et les tarifs n’ont pas été précisés.

Selon Le Monde, les associés se sont engagés à investir au minimum 50 millions d’euros dans cette plate-forme, qui devrait être lancée courant 2019, après avis de l’Autorité de la concurrence. Deux formules seraient proposées : 2 à 5 euros par mois et 7 à 8 euros par mois.

Au-delà du retard conséquent face à un Netflix qui recrute pas moins de 100.000 clients Français par mois (3,5 millions au total) et des questions sur les contenus originaux, c’est la plate-forme technique de SALTO qui aujourd’hui créé la polémique. L’hébergement est en effet assuré par l’américain Amazon Web Services (lui même concurrent de SALTO avec Amazon Prime Vidéo).

 

Ce choix suscite pas mal de critiques résumées par ce tweet :

Pourquoi vous utilisez AWS? Surtout pour un service publique tel que @Francetele… De plus Amazon paye quasiment rien à l’État…
Vous auriez pu choisir @ovh_fr ou @online_fr
Tout ce que vous y gagnez, c’est de financer les services contre qui vous vous battez… pic.twitter.com/TgFxbNinlA

— Vincent DOUROUX (@Vince52fr) 15 juin 2018

D’ailleurs, le patron d’OVH, Octave Klaba n’a pas manqué de railler ce choix :

Les 3 francais qui s’unissent pour .. financer Amazon Prime Video en utilisant AWS. C’est cohérent. https://t.co/ID0ajm4P0R

— Octave Klaba (@olesovhcom) 15 juin 2018

Outre le fait de financer un géant américain qui propose un service concurrent et qui est en délicatesse avec le fisc français…, le choix d’Amazon pose également question sur la qualité de service. Comme le relève un expert télécoms, il n’y a pas d’offre d’interconnexion (peering) entre AWS et les FAI français contrairement à Netflix.

« Donc on va voir arriver sur les réseaux d’accès des cargaisons de trafic d’AWS (pour SALTO) depuis les liens de transit IP plutôt que des liens de peerings qui pourraient contribuer à améliorer la qualité de service. En bref : cela promet de belles galères », explique-t-il. 

Go to Source


bouton-devis