SAP : entre business traditionnel et Cloud

On ne présente plus SAP. L’éditeur, comme tous les autres acteurs du marché, doit concilier une délicate équation : le business traditionnel (licences, supports, déploiements locals) et le Cloud Computing. L’enjeu est de ne pas casser le business traditionnel car il représente toujours un % important des revenus et de l’activité. Et de nombreuses entreprises ne sont pas encore prêtes à passer au Cloud pour x raisons. SAP précise même une augmentation de 10 % des revenus non Cloud et notamment grâce aux nouvelles licences, ce qui est toujours difficile à réaliser car d’autres concurrents misent sur le support. Et SAP, comme Oracle, IBM, Salesforce, Microsoft…, a forgé une panoplie Cloud grâce à des rachats successifs d’éditeurs purs Cloud. 

Mais SAP n’échappe à un phénomène bien connu depuis l’explosion du SaaS : les services de commodités ou les services à faible valeur sont massivement migrés sur le Cloud tels que la gestion client, les RH. A l’éditeur de ne pas perdre des utilisateurs sur ces services. 

L’éditeur constate, comme l’ensemble du marché, que la transformation digitale (terme à la mode en ce moment) n’est pas globale mais se focalise sur certains assets et certaines portions du SI, des applications et services IT. Et le constat est clair : peu d’entreprisent disent (vouloir) faire un basculement total ! Cela étant dit, le cloud est un enjeu pour SAP car aujourd’hui l’activité pèse 2 milliards $. Il faut des services multi-client (= multitenant) pour optimiser les ressources et donc les coûts d’exploitation côté SAP, faire du Cloud public mais avec un « mode » privé. Et un éditeur n’aura pas les mêmes demandes d’une grande entreprise et d’une PME (pour SAP, on parlera de grosses PME, 500 millions € de CA). Et là, on bascule RH, notes de frais, messageries, bureautique, etc. Mais selon SAP, peu de demandes concernant les ERP en mode Cloud.

Comment concilier les deux business qui sont à la fois deux marchés différents mais des marchés identiques avec les mêmes utilisateurs ? Aujourd’hui, l’éditeur estime que les 2/3 des utilisateurs des services Cloud sont des clients SAP et 1/3 de nouveaux utilisateurs. L’éditeur cherche à proposer des solutions complètes à la base d’utilisateurs actuels, tout en souhaitant chercher de nouveaux utilisateurs. L’équation est fragile. Car un % trop important de nouveaux clients pourrait aussi signifier que les utilisateurs installés ne migrent pas et peuvent à termer partir ailleurs. 

Le constat est donc très clair : « nous n’avons pas d’objectifs sur le cloud, nous voulons faire une continuité. Il faut trouver un équilibre. »

Au-delà de l’éditeur proprement dit, se pose la question de l’écosystème, des partenaires, des revendeurs. Car les services Cloud les impactent. SAP semble être vigilant tout en favorisant le Cloud chez les partenaires et revendeurs. Il y a ceux qui ont compris et forment les équipes pour être apte à répondre aux demandes des entreprises et les autres qui rechignent ou ont du mal à suivre l’évolution. Des PKI mesurent l’important du Cloud et des nouveaux projets de transformation. Et le message se veut clair : si dans les projets, les partenaires ne font pas de l’innovation et du Cloud pour les clients, ils ne seront plus des partenaires stratégiques… Pour les revendeurs, SAP estime qu’ils sont peu fragilisés. Oui la marge est différente, oui, les revenus sont moins importants mais les projets sont souvent plus importants et l’éditeur se veut proactif pour les aider. Et de mettre en avant le fait qu’un projet cloud demanderait moins de ressources avant-vente et des coûts moins élevés, le tout à ressources / compétences égales… Quoi qu’il en soit, tous les fournisseurs Cloud doivent soigner, accompagner et aider l’écosystème. 

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